‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 226 sur 308 · SCÈNE XX · texte numérisé non relu

SCÈNE XX

ÎOGER, FERNAND, LA GRÉZETTE, PIBRAC, LE BARON, GERVASSON, AUBEROCHE, MAXIME, WILFRID, puis CHARLY, ABEL et LE MARQUIS.

LA GRÉZETTE.

Eh bien ! Fernand, vous ne venez donc pas voter pour non candidat, Paul Calmeil, charmant garçon, présenté lussi, d'ailleurs, par votre excellent ami, Roger de Sarenay ?

FERNAND

Non, mon cher la Grézette, non, je ne pourrai pas voter )our M. Calmeil.

Comment?

ROGER

Pourquoi cela, Fernand ?

FERNAND

Parce que nous vivons à une époque troublée où c'est un levoir de se montrer scrupuleux sur ses relations.

LA GRÉZETTE, ahuri.

Paul Calmeil !... charmant garçon...

ROGER

Permettez, Fernand, j'ai l'honneur de présenter M. Calmeil t je me fais son garant.

FERNAND

Je n'attaque pas son honorabilité ; mais il est bon de se

sentir les coudes, comme on dit vulgairement, et de savoir ce que pense son voisin.

LA GRÉZETTE.

Il pense comme vous, comme moi.

FERNAiND.

Ouvrez l'histoire de la Révolution : vous y verrez le rôle que jouait le grand-pèi'e de votre candidat. ""

ROGER

Voilà des paroles que vous regretterez, monsieur de Mauves.

Homme excellent, le grand-père.

Je trouve que l'on pardonne très (acilement aujourd'hui et que l'on oublie trop vite.

ROGER

Je me sens au cœur les mêmes haines que vous et les

mêmes indignations, mais je ne les rapetisse pas par des colères sans pardon ou des rancunes sans dignitû.

FERNAND

Voilà des expressions blessantes.

ROGER

Je les maintiens.

LA GRÉZETTE.

Mes amis, mes chers amis !

FERNAND

Alors, c'est une provocation.

ROGER

C'est ce qu'il vous plaira.

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