SCÈNE V SAVOURETTE, FRÉDÉRIC
SA> OURETTE.
Ah ! (Très aimable.) Monsieur, j'ai cru pouvoir insister avec un de mes locataires.
Vous me flattez, monsieur, je ne suis qu'un ami de M. Brichanteau.
SAYOURETTE, contrarié.
Alors...
FRÉDÉRIC
Mais il me charge de le remplacer.
SAYOURETTE, sèchement.
Cela ne se peut pas.
FRÉDÉRIC
Alors, monsieur, vous serez obligé de revenir, Brichanteau est très méthodique.
SAYOURETTE.
Je sais qu'il est maniaque.
FRÉDÉRIC, souriant.
Remarquez que vous parlez d'un des Parisiens les plus raflinés.
SAYOURETTE.
Le plus raffiné. Vous pensez bien qu'on n'achète pas une maison de cette importance sans se renseigner sur les mœurs et coutumes de ceux qui l'habitent. Je savais parfaitement que M. Brichanteau ne recevait avant deux heures que ses amis intimes.
FRÉDÉRIC, étonné.
Eh bien, alors ?
Je pensais qu'un propriétaire était un ami.
FRÉDÉRIC, gaiement.
Celte opinion n'est pas générale.
SAVOURETTE.
Je voulais m'entondre avec M. Brichanteau pour quelques réparations.
FRÉDÉRIC, stupéfait.
Des réparations ?
SAVOURETTE.
Et embellissements nécessaires.
FRÉDÉRIC, très gracieux.
Donnez-vous donc la peine de vous asseoir. Brichanteau fera sans doute une exception en faveur d'un propriétaire aussi... aimable. Il est méthodique, mais il est curieux. Asseyez-vous, de grâce.
Il rentre dans le fumoir. Savourette, au lieu de s'asseoir, s'empresse de regarder à l'intérieur de la cheminée.
GONTRAN, rentrant par la porte de l'antichambre et allant prendre l'ombrelle de madame Ponlaubert.
Est-ce qu'il ramone lui-même ?
SAVOURETTE, se relevant.
Elle ne doit pas fumer.
CONTRAN.
Elle a ses jours.
Il sort à gauche.