ACTE DEUXIÈME
MADAME PONTAUBERT, bas.
Et vous, ne vous montrez pas trop.
Pourquoi .'
MADAME PONTAUBERT.
Vous avez une réputation troublante pour la province.
BRICHANTEAU, riant.
Elle est un peu bébête, la province!
PONTAUBERT et MADAME PONTAUBERT.
Chut !
MADAME PONTAUBERT.
Ne nous faisons pas d'ennemis !
Léonide laisse tomber un écheveau de laine, que Briehanteau ramasse avec empressement.
LÉONIDE
Oh! pardon!
BRICHANTEAU, regardant machinalemeut la tapisserie.
Très jolie, cette fleur!
LÉONIDE
Callistephus linensis,
BRICHANTEAU
Je l'aurais prise pour une marguerite.
LÉONIDE
De son nom vulgaire.
M A D A M E PONTAUBERT.
Léonide est très forte en botanique.
Léonide laisse encore tomber un écheveau, que Briehanteau ramasse avec le même empressement.
LÉONIDE
Oh! pardon!
Si UN PARISIEN
MADAME PONTAUBERT, arec intention.
Tu es distraite, Léonide?
LÉO.MDE, naïvement.
Non, ma mère, je suis embarrassée.
BRICHANTEAU, gaiemant.
Voulez-vous que je vous aide, mademoiselle ?
LÉONIDE
Très volontiers, mon cousin.
Elle met sur les mains de Brichanteau un échcvcau, qu'elle dévide. BRICHANTEAU, tenant l'écheveau et regardant, la tapisserie.
Cette autre fleur, c'est un œillet ? (s'an-êtant.) Ce n'est peut-être que le nom vulgaire ?
LÉONIDE
Dianthus cornarinus, de la famille des caryophy liées.
BRICHANTEAU, gravement.
Je vous remercie. J'y ajouterais un peu de jaune.
MADAME PONTAUBERT.
On ne vous connaît pas, mon cousin, vous êtes un homme d'intérieur.
BRICHANTEAU, étonné.
Moi?
MADAME PONTAUBERT.
Ces choses-là se devinent à des riens. Vous aimez la vie de famille.
BRICHANTEAU
Je ne m'en doutais pas, madame.
MADAME PONTAUBERT.
Vous arrivez d'ailleurs à un fige où l'on se transforme si facilement !