ACTE DEUXIÈME
LEONIDE.
Vous me direz quel est le poète que vous préférez. Moi, c'est Anarréon.
Anacréon est agréable.
LÉON IDE, se récriant.
Oh ! agréable !
BRICHANTEAl'.
C'est une expression affaiblie. Vous ne daignerez plus causer avec moi que de choses banales.
LÉONIDE
Je ne dis pas cela.
Et je ne vous en voudrai pas, je vous le jure.
MADAME l'ONTAUBERT.
Cependant, mon cousin...
* BRIC If AN TE AU.
• Mademoiselle Léonide a déjà constaté que j'étais d'une ignorance profonde en astronomie.
MADAME PONTAUBERT.
En astronomie ?
BRICIIANTEAU.
Je n'ai pas su distinguer le Capricorne et le Petit Chien, et j'en rougis encore. Mais aussi des étoiles qui s'appellent le Petit Chien et le Capricorne! C'est à ne plus les regarder.
LÉONIDE
Et le Sagittaire ? Et le Cocher? Et le Taureau ? Avez-vous oublié ma petite leçon d'astronomie ?
MADAME PONTAUBERT, étonnée.
Tu as donné une leçon d'astronomie à ton cousin ?
BRICHANTEAU
Oui, madame, oui. Je fumais un dernier cigare en me pr anenant dans le jardin. Mademoiselle est arrivée avec un télescope...
LÉONIDE
"Je voulais observer l'occultation de Jupiter par Vénus.
MADAME PONTAUBERT.
A quelle heure?
LÉONIDE
A onze heures cinquante-trois minutes trois secondes, l'immersion.
Si tard !
LÉONIDE
Ce phénomène céleste ne se produit qu'une fois par siècle.
BRICHANTEAU, gaiement.
Nous n'avons rien vu, d'ailleurs, mais enfin, je sais que Jupiter a été éclipsé par Vénus. — J'ai dormi plus tranquille.
MADAME PONTAUBERT, bas, d'un air pudique.
Vénus et Jupiter! Voilà une conversation bien dangereuse pour une jeune fille !
BRICHANTEAU, naïvement .
Ce sont des planètes !
MADAME PONTAUBERT, scandalisée.
Des planètes! A minuit!