‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 12 sur 352 · XIV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XIV AVANT-PROPOS

lui est propre, à une allure vive, imprévue et pourtant, réglée qui est l'allure même de l'esprit français.

Si l'esprit d'Edmond Gondinet était français, son cœur ne l'était pas moins.

En 187Û, bien que dispensé par son âge de servir dans l'armée active S il s'engagea au 6'^ bataillon de marche, n'accepta aucun grade, et combattit aux premiers rangs de l'armée qui défendait Paris.

Après la guerre, plusieurs de ses comédies ayant été représentées avec succès en Allemagne, il refusa d'en toucher les droits. Et sans bruit, sans réclame, grâce au concours de madame la maréchale de Mac-Mahon, qui voulut bien kii servir de collaboratrice discrète, il fonda avec le produit de ces droits une pension de retraite au profit de deux soldats mutilés pendant la campagne.

On trouvera dans l'un des volumes que nous publions des stances intitulées A Molière, qui portent la date du lo janvier 1871.

Composées sur la demande de l'administrateur de la Comédie-Française, à l'occasion de l'anniversaire de Molière, écrites dans la tranchée au bruit du canon, ces strophes, admirablement dites par Coquelin, alors que le foyer du théâtre était transformé en ambulance, ont laissé dans le cœur de ceux qui ont assisté à cette soirée un inoubliable souvenir.

Évoquant le Versailles de Molière et de Louis XIV,

1. 11 était né le 7 mars 1828, à Laurières (Haute-Vienne). Il est mort à Neuilly, le 19 novembre 1888.

Page 1