‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 239 sur 352 · SCÈNE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE NEUVIÈME

Tes vingt ans aiment à jaser, Et tu te mets à ton pupitre.

Soit... Mais le baiser.

AGATHE, se récriant.

Le baiser!

Croyez-vous qu'on embrasse ainsi les demoiselles ?

OCTAVE

Cela dépend d'elles.

VA lu t'y pnHais volontiers.

<J(;'l'A\i:, lui montrant la Icltrc et récitant .lo niémoiro.

Lis donc :

(' Vinp;l l'ois, tremblant, le cœur en fièvre .J'ai repassé dans ces petits sentiers Où les cheveux ont effleuré ma lèvre. »

AGATHE, inlprililo.

Effleuré, par liasard. .

OCTAVE, continuaiit.

« Je me sentais aimé.

Tous les oiseaux chantaient, Tair était embaumé ; Tu restais, devant moi, souriante et mutine. Courbant, d'un doigt distrait, les touffes d'églantine. Et je te regardais charmé. •>

Froissant la lettre avec coltre.

De quel ton il te le rappelle, Et comme l'amoureux se trahit tout entier ; Comme dans cliaque mot son orgueil se décèle. C'est pour lui seul que le ciel te fait belle. Pour lui que naît l'aubépine nouvelle, Pour lui que revient l'hirondelle.

Pour lui que fleurit l't'glantier.

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