‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 6 sur 352 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

Si je racontais cette histoire, nous disait Edmond Gondiuet, on croirait que je l'ai inventée. Elle fit lonji;temps ses délices, moins parce qu'elle lui fournissait une piquante anecdote, que parce qu'elle attestait le succès des dispositions prises pour assurer son incognito à Athis et lui donner la sécurité de son mystère.

« Cache ta vie, » a dit le sage.

De ce qu'Edmond Gondinet, si Parisien à Paris, avait éprouvé à un certain moment de sa carrière le besoin de se retirer aux champs et d'y vivre inconnu, il ne faudrait point conclure qu'il eût le tempérament d'un misanthrope. Nul homme ne fut plus bienveillant, plus enjoué, d'humeur plus égale.

Ni son extrême modestie, une modestie innée et facile n'ayant rien de ces modesties artificielles dont l'orgueil aime à se parer « et qui proviennent du désir d'être loué deux fois », — ni la simplicité de ses goûts, ni l'amour de la campagne et des bêtes ne suffiraient à expliquer la détermination qui, pendant les vingt dernières années de sa vie, l'entraîna à dédoubler d'une si curieuse façon, non seulement son existence, mais même sa personnalité.

M. de Najac en donnait la raison véritable dans le discours touchant qu'il prononça à Neuilly sur sa tombe, le 22 novembre 1888, au nom de' la Société des auteurs dramatiques :

« ... J'ai donné à entendre que Gondinet n'avait que

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