ACTE PREMIER
MARIE, descendant le perron.
Bonjour ! (Elle serre la maio à Jean.) Tu eS SOfii de bonne
heure... à l'aube. En ouvrant ma fenêtre, je t'ai vu traverser la lande avec tes cbiens.
Tu étais déjà sur pied, toi aussi ?
MARIE
Je crois bien ! En un jour comme celui-ci I C'est un réveille-matin que le bonheur. Et puis, tant de choses à faire! Tes frères peuvent arriver, ils trouveront leurs chambres prêtes.
JEAN
Il me semble que tu pourrais bien dire nos frères...
LA COMTESSE
Il a raison. (Marie se jette à son cou.) Chère fille !
MARIE, à Jean.
Eh bien : nos frères ! Es- tu content ? (An comte, lui tendant ane
lettre.) Une lettre pour vous, mon ami; le piéton vient de l'apporter à l'instant.
LE COMTE, brisant TeuTeloppe et ouvrant la lettre.
De maître Grimaud, mon notaire.
LA COMTESSE
Encore au sujet de la ferme de l'Hermenault
LE COMTE
Il choisit bien son jour. (Lisant^ haute voix.) tt Quimperlê, i5 octobre 1869. Monsieur le comte, Taffaire THernienault, n c'est bien cela « est sur le point d'entrer dans une nouvelle phase; j'apprends à l'instant que madame de Montlouis est arrivée hier à son château, dans l'intention de terminer ellemême avec vous. J'ai tout lieu de croire que vous recevrez prochainement sa visite. Elle s'imagine sans doute r^i'elle
âlô JEAN DE tHOMMERAt.
aura plus facilemeot raison do vous que de moi. Soyez sur vos gardes. Je vous l'ai dit, je vous le répète, la ferme ne vaut que 40,000 francs, elle en demande 60,000. » Bien obligé, à Elle en demande 60.000, mais elle a besoin d'argent. Tenez bon... » Des discussions d'intérêt avec une femme ! Non. J'avais envie de cette ferme, elle eût arrondi le domaine; mais 60,000 francs ! ce gérait trop cber payer la convenance.
LA COMTESSE
Voilà une belle dame qui s'entend aux affaires...
jeân.
C'est donc un ancien procureur que cette madame de Montlouis?
LE COMTE
Qu'elle ne se dérange pas. Nous en resterons là. Je ne tiens pas à la connaître. Je vais, sans plus attendre, écrire à son notaire que je renonce à racquisition.
LA. COMTBSBI.
A la bonne heure !
le comte, bas à la eoolttfwe.
Laissons-les s'expliquer ensemble... (bm à Jeta.) Sois bon pour elle : rassure-la.
JEAN, de mâme.
La rassurer? Marie? Et que craint-elle?
le COMTM, de même.
Si j'en crois ta mère, Marie se tourmente; elle se figure que tu ne l'aimes plus, ou que tu l'aimes moins, ce qui re* vient exactement au même.
SYLVAIN, entrant par le fond.
Les métayers et les gars attendent dans l'avenue les ordres de M. le comte.