‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 19 sur 320 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Uiisoir, je le veillais avec ma pauvre amie,

Sans comprendre son mal, inquiet pour sa vie,

Quand tournant tout à coup ses. yeux hagards vers moi ;

« Eh bien, quand chasses-tu ma mère de chez toi? » (;)-.^0 (

J'eus le cœur traversé par un éclair rapide ; , /'

La place que j'offrais, pour lui n'était pas vide ! 1

J'allaîsTrépûdïërTelou venir vivant ^^ r\ ' -^

Qu'il entourait encor d'un culte si fervent,

J'allais me séparer de lui sur cette tombe...

— Ah! les cruels combats où le plus fort succombe

Mais Pauline, voyant mon courage faiblir,

Ëpoiiga mon devoir et me le fit remplir.

LÉ A, la tête basse.

Vous pouvez, en effet, parler de sacrifice.

De récompense aussi, madame, et de justice I

Qoand je vivrais cent ans, non ! je n*ouJ?lirais pas

De quel élan mon, fils se jeta dans mes bras.

Si vous pouviez savoir^ gueljeJjjEfi ■ j.nniasancej, ^

C'est de^îTcêuSjgSLâil^^ souffrance!

LÉA

S'il devait être heureux par la mienne, ah! croyez Qae j'irais de ce pas la mettre sous ses pieds. Ne parlons plus de moi, monsieur, je m'abandonne, Je suis vaincue et prête à tout ce qu'on m'ordonne ; Mais, si ce n*est plus moi que je défends,, c*est lui ; Ne souffrira-t-il pas de me perdre?..

Aujourd'hui, Certes ; mais je suis sûr que, vous ayant pleurée, Son deuil ne sera pas d'éternelle durée.

LÉA

Est-ce donc pour cela qu'il ne revenait pas?

D'une 0 X pi icuvion fuyait-il rembarras? Soyez franc : il vous a cliargé de la rupture!

^ \ Non, madame ; j'agis de mon chef, je le jure.

Alors, où prenez-vous que Paul ait moins d'amour?

Moi, je vous dis qu'il m'aime autant qu*au premier jour,

Et qu'à nous séparer votre fausse prudence

Le mène au désespoir^ non à la délivrance 1

Encore un coup, ce n'est pas moi que je défends!

Mais je suis et serai sa vie encor longtemps;

Dans un an, dans deux ans, vous en auriez la preuve. •«

Il ne me faudrait pas une si longue épreuve.

LÉA

Eu voulez-vous faire une, et, s*il en sort vainqueur. Me rcconnaitrez-vous quelques droits sur son cœur?

F0*RBSTIBR.

Oui. . . si' vous acceptiez une épreuve réelle.

LÉA

Ah ! quelle qu'elle soit je l'accepte et l'appelle. Votre consentement à mon pauvre bonheur, Ce serait mon pardon et presque mon honneur! Que faut-il que je fasse ? En vos mains je me livre

Partez...

Oui!..

FORRSTIBR.

De façon qu'il ne puisse vous suivrei

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