‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 212 sur 320 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

an gros peigne d'écaillé. . . Jamais la folie du caeveu n'avait été poussée si loin.

BOISLAKGEAIS.

Un seul mot : blonde ou brune?

JEAN

Blonde.

BOISLAXGEAIS.

Tant pis. Tu m'intéresses vivement, Ghateauvieux, continue ; je suis suspendu à tes lèvres.

CHATBAUVIBUX.

Merci bien I Voilà qui me ferme la bouche.

JEAN

Bravo, Ghateauvieuz ! bien répliqué.

CHATEAUVIEUX

Je passe parole à Thommeray.

BOISIANGEAIS, retournant sa chais» vert Jeaa.

J'accepte cette commutation de peine.

JEAN

La belle allait son chemin avec un superbe dédain des heurs, quand un de ces polissons lui tendant sa casquette d'une main et lui montrant de l'autre un passant chauve qui s'épongeait : « Un peu de cheveux, s'il vous plaît, pour un pauvre père de famille qui n'en a pas! » Là-dessus éclat de rire général qui dégénère bientôt en huées... La demoiselle s'arrête, ronge comme une pivoine; elle enlève son peigne, et on voit ruisseler jusqu'à ses talons un fleuve de soie et d'or.

CHAMPIN.

Bravo, la déesse I

360 JEAN D£THOMM£RATf

CHÀTBAUYIEUZ.

La foule applaudit, la petite dame double le pas po échapper à son triomphe; Thommeray se précipite, et lu offrant le bras avec son plus grand air d*Amadis : « Ma voiture est à deux pas, madame, permettez-moi de la mettre à vos ordres. »

BOISLÀNdBAIS.

Des chevaliers français...

CUAMPIN.

Vicomte, je tiens vos trois cents louis.

JEAN

Vous avez tort, car cette charmante fille ne m*a encore rien accordé.

BOISLANGEAIS.

Ta ne lui as donc rien offert?

JEAN

Que si fait ! Je lai ai envoyé hier soir un peigne garni de saphirs... et j'attends sa réponse.

CHAMPIN.

Elle ne se fera pas attendre.

JUSTIN, entranU

Le coach de ces messieurs est en bas.

JEAN

Partons.

JUSTIN

Une carte poulr monsieur le vicomte.

JEAN

Le comte et la comtesse de Thommeray..«

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