ACTE PREMIER
Caverlet était le seul homme digne de vous, comme vous étiez la seule femme digne de lui. v
HENRIETTE, allant s'asseoir sur le Ijaoc. \ .^^'^
Vous êtes un fl^^rneur, mon vieil ami. ^«-^, >-
BÀRGÉ. ^
Non, sur ma parole ! Je n'ai jamais vu deux êtres mieux faits Tun pour l'autre. Vous êtes le couple modèle, votre maison me représente le temple de la famille, et je n'y entre pas sans une espèce de vénération. Il semble que le ciel vous ait réunis pour la justification du mariage.
HEVHIETTE.
Est-ce qu'il a.besoin d'être justifié ?
BÀRGié.
Quelquefois! quelquefois! — Moi qui vous parle, je l'ai longtemps maudit : Madame Barge me rendait médiocrement heureux... non pas qu'elle €ût méchante, la pauvre femme, mais elle était vive, elle avait la main leste...
HENRIETTE, s«uriaDt.
La main leste ?
BARGE
Elle me battait, quoi ! — Ce n'est pas qu'elle me fît grand mal; m^s pela me déplaisait beaucoup, d'aut^iit qu'il en transpirait toujours quelque chose chez les voisinsj car elle ne savait pas me battre en silence.
FANNY
Et vous vous laissiez faire?
BARGE
Que veux-tu? J'ai le malheur, avec mon pet;t air, d'être une espèce d'Hercule. Je casse tout ce que je touche- Un jour que j'étais de mauvaise humeur, j'ai voulu me défendre, et je lui ai luxé les poignets. Depuis lors, je n'ai plus fait
m MADAME GâVëRLET.
de résistance. J'avoue cependant que je songeais sérieusement au divorce, quand j*ai eu le chagrin de la perdre. — Pauvre femme ! elle avait bien des qualités ! Je l'ai pieurée. — Sir Edward Merson ne vous battait pas, je suppose?
HENRIETTE
Quelle question! Sir Edward est un parfait gentleman.
Il nous faudrait savoir où il est pour cette autorisation. N'as-tu pas conservé quelques relations avec sa famille?
HENRIETTE
Oui... j'écrirai... (a Fanny.J Et ton piano, Fanny? l'heure se passe. C'est ridicule, val val
FANNY
Oui, maman, (a part.) Qu'a-t-elle donc?
Elle rentre dans la maboo.