ACTE PREMIER
REYNOLD
Prendre patience... c'est bon à dire. Il y a dans ma situation un détail qui la rend particulièrement intéressante et insupportable : depuis que j'aime ta sœur, son image est présente à toutes mes actions ; c'est te dire que je lui suis absolument fidèle.
HENRI
Et tu Taimes comme ça depuis longtemps?
Dame! depuis que j'ai Tâge d'homme, aussi, tu comprends...
HENRI
Je ne peux pourtant pas dire cela à ma mère.
RETNOLD.
Ohl.. avec des circonlocutions...
HENRI
Je )e lui ferai dire par mon beau-père.
RETNOLD.
Encore. — Quant à mon père^ son consentement m'est acquis d'avance ; il est convenu entre nous qu'il ne se mêlera de mon mariage que pour le bénir ; et j'ai quelque raison de croire que mon choix ne lui déplaira pas.
HENRI
Ahl mon ami, quelle joie d'être frères de nom, commQ nous le sommes de cœur.
lU s'embrassent.
RETNOLD.
Ne flânons pas ! Je vais trouver papa, le mettre au courant et l'envoyer faire la demande. Il sera ici dans une demi-heure. Prépare ta mère à le recevoir.
m MADAME CAVBRL£T.
HIXRI.
Soift tranquille I — • Abl mais, dis doBo! bous oufaJioa? quelque chose.
«ETNOLD.
Quoi?
HB5RI.
Et Fanny?
RETNOLD*
Eh bien?
HENRI
Elle ne se doute de rien?
RETNOLD.
Parbleu I
HENRI
^ Si elle ne faimait pas?
RETNOLD, interdit.
Si elle ne m*aimait pas?
HENRI
Dame ! nous n*en savons rien ! Vous ne vous êtes jamais rien dit?
RETNOLD.
Jamais de la vie... mais je ne doute pas de son affection.
HENRI
Moi non plus ; mais si ce n'était qu'ime affection fraternelle?
RETNOLD.
Tu me donnes la chair de poule 1
A moi aussil