‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 37 sur 320 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Qui m'a si brusquement à Paris ramenée, / ^

tt je repars. '

CAMILLE

. Quand donc ?

LÉA

Ce soir même.

CAMILLE

Ce soir?

Sans nous donner le temps seulement de vous voir

LIÉA.

Mais... je suis accourue avec une valise; Mon bagage et mes gens m'attendent à Venise, Et je suis de passage et non pas de retour. Mais laissons un sujet douloureux; à ton tour! Ta me dois des récits, n'ayant pas pu m' écrire. Te voilà bien heureuse !

CAMILLE

Oh 1 oui bien !

Se reprenant.

C'est-à-dire...

Quoi donc ?

CAMILLE

Rien !

LÉA

Tu rougis?

CAMILLE

Je ne sais pas pourquoi...

Je suis heureuse enfin, ne parlons pas de moi.

LÉA

Parlons- en au contraire, et longuement.

CAMILLE

De grâce î

LÉÂ.

Qu'a donc cet entretien en soi qui t'embarrasse? N'aurais-tu pas trouvé tout ce que tu rêvais? Le mariage a-t-il déjà ses jours mauvais ? Tu détournes les yeux? Pauvre chère Camille ! N'était-ce pas assez de moi dans la famille, Et faut-il k mes maux ioindre les tiens?

CAMILLE

Mais non, Paul... il m'adore !

LÉ A) braiq«emeat.

Alors, que me disiez'-vous donc>

Que t'a-t-on dit?

CAMILLE

Rien.

LÉÂ.

Rien?

CAMILLE

Aussi vrai que j'existe !

J'ai honte à mon bonheur en vous voyant si triste, Voilà tout; pour ne pas vous en rendre témoin. Je tâchais d'éluder l'entretien sur ce point...'

LÉ A, avec un sourire contraint.

Donc, ton mari t'adore ? Oh ! tu peux parler.

CAMILLE

Dame,

Il le dit, je le crois, puisque je suis sa femme<

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