ACTE TROISIEME
ie sais que ce n'est pas toujours une raison Et que plus d'un ménage a Tair d'une prison ; Mais c'est quand on s'épouse avant de se connaître Et qu'on prend au hasard sa compagne et son maître. Nous, c'est bien différent, Léa, vous le savez : Par un père commun l'un pour l'autre élevés. Fiancés en silence et n'attendant que l'âge. Nous nous aimions longtemps avant le mariage. Et notre amour n'a fait que changer h l'autel
Son nom fr?ffil^ pt dmiT ponr snn nnm étemel .
LÉA
Il t'aimait... depuis quand?
Depuis toujours, je pense.
Est-ce qu'on sait comment et quand cela commence?
Donc, tu crois qu'en ouvrant ce cœur qui t'appartient, On n'y trouverait pas d'autre nom que le tien ? Jusque dans le passé sûre de sa tendresse...
CAMILLE
Je ne dis pas qu'il n'ait jamais eu de.. . maîtresse ; le n'en sais rien, cela ne me regarde pas, Et je n'en serais point jalouse en tous les cas.
LÉA
Tu méprises dooe bien tes rivales vaincues ?
CAMILLE
Mon Dieu, non I Elles sont pour moi non avenues.
To'it leur rôle consiste, autant que j'ai compris, 1 V
A donner patience à nos futurs maris ;
On dit que c'est dans l'ordre et que jamais l'épouse
N'y perd rien dont elle ait sujet d'être jalouse.
LÉA
Et qui t'a dit cela? monsieur Paul?
Camille.
Ah bien, oui !
Jeii*eD aurais riea cru, si c'avait été lui : Il eût trop clairement plaidé sa propre cause ; Mais sans gène à présent devant moi chacun cause : De ce que dit chacun, moi, je fais mon profit^ Et pour tout deviner souvent un mot suffit... Je sais ainsi combien le lot de la maîtresse Est différent du nôtre et peu nous intéresse ; Que Toragèux passé dont on s'alarme tant N'effleure pas le coin du cœur qui nous attend, Et qu'avec le dégoût de l'ivresse grossière La soif du vrai bdnl^eur vient à nous tout entière. — N'est-ce pas votre avis ?
LÉA
Oui... rivresse des sens Qui de la passion emprunte les accents, La volupté qui feint d'être le cri de l'âme Et d'immortalité parle à la pauvre femme, Égoïsme et mensonge, oui, c'est tout !... Et pourquoi Un homme mettrait-il la moindre bonne foi Dans son commerce avec la folle créature Qui s*est donnée à lui sans bail ni signature? L'amour comme la guerre a sa chair à canon ! Femme galante ou femme adultère, le nom N'y fait rien, c'est toujours une femme perdue A qui pouf tout loyer ringralitUde est tfiîè ! Dévorez -fuî lé cœur pour tromper votre- faim ! Dupez-la !... Ce n'est pas agir en aigrefin, C'est dans Tordre I il faut bien gagner le mariage Et charmer de son mieux les ennuis du voyage. On n'en est pas jalouse... et comme on a raison! L'auberge porte-t-elle ombrage à la maison ?
CAMILLE^ regardant Léa, étoonét.
C'est ce que je me dis.
LEA« avec, emportement.
Eh bien, tu peux te dire Une tout n*est pas non plas mensonge en ce délire, Et que la délaissée en guise de remords ^^^^
Laisse le souvenir peut-être de transports ^^
Que n'inspirera pas l'épouse triomphante, 1 / ^.j^ ^ ^*-5?
Car un cœur par deux fois jamais ne les enfante I j Yy^ ' Qu'importent l'abandon, la honte et la douleur? I Le lot de la maîtresse est encor le meilleur, *^
Etc^sTeHë qui peui^epitlé faire 'aùmSne A poHi^ |»f)yqnf^ g'''*^nttai;\t ^-"r-^^2IL!ilJ!!!^ ^^^ ^
CAMILLE
Quelle irritation, Léaî (Ûoiit«*e qui donc?
itf Ày te maltriMot.
Contre des sou?enim qu'à ton insu... Pardon,
Mon enfant, — j'ai beaucoup souffert, je souffre encore
Après on ùience, sooriant.
Vas-tu souvent au bal? A ton âge on l'adore. L'hiver est-il brillant cette année à Paris?
MARTIN, entrant.
Le notaire, ou son clerc, je n'ai pas bien compris Mais c'est plutôt le clerc, va son âge, demande Si madame est visible.
LÉAy Tivement.
Oui, certes ! — Qu'il attende Un moment.
Martin lort.
J'ai regret de te quitter si tôt, Camille! mais j'irai te dire adieu tantôt.
CAMILLE
?îoti. je ne rentre pas avant ce soir ; je dîne
A mon ancien couvent chez sœur Sainte-Apolline \
Cest sa fête.
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PJLUL FORKSTIE
r4chfiucontre-tenip>!
(,♦4 pUl» court.
AdMU donc, adieu^ cUo
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Àc:tK TROISIÈME.
Sortez doDC !
présened est seule un outrage !
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ADOLPHE
Pardon,
le venais vous faire une offre...
« — '-Wf
lEA.
Que m'importe !
zl... j'ai bien le droit de vous fermer ma porte!
tii Adolphe entr'oaTre la porto ponr sortir ; Léa redesceod en leène. ADOLPHE, snria porte, timidement.
inais demander votre main.
LÉA
Ma main? Vous!
ADOLPHE, descendant pea àpen en scène. \
il mon plus eher âésil* eât d'être TOtre épbnk. jjr- î me borne là croyez-le bien, c'est faute -«: ne marque d'amour et de respect plus hante, -.•r^es larmes?
LÉA
• ^ Laissez-les couler... Je me détends!
tant souffert, monsieur^ et depuis si longtemps! } choses et les gens, tout me blesse ou me froisse, . • at frappe de concert sur ma secrète angoisse, j'avais grand besoin qu'il me tombât du ciel .e trêve d'une heure à cet état cruel, "X ^
qu'un peu de respect, un peu de sympathie \ ; vint, dans ma détresse, ainsi qu'une amnistie. / 1 ! si je l'attendais de quelqu'iin ici-bas, ) n'était pas de vous.
\yf'
LÉÀ.
Fâcheux contre-temps ! — Prends par là, C'est plus court.
CAMILLE, l'embrassant.
Adieu donc, adieu, chère Léa.
BUa sort par la ganekc