ACTE TROISIÈME
Votre faite m'a fait faire une maladie,
La plus grave qui puisse atteindre un homme gai,
J^ tristesse, et j*en suis encore fatigué. *
Savez-Yous quelle vie impossible je mène
Depuis plus de trois mois? J'ai l'air d'une âme en peii
Au point que mes amis s'inquiètent vraiment,
Car rien n'est plus contraire à mon tempérament ;
Et si votre retour, et si votre présence,
Au lien de me guérir, m'ôte tonte espérance,
Je n'en mourrai pas, non, c'est parfaitement clair,
Mais tout est dit pour moi : c'est un homme à la merl
LÉA
Je comprends qu'en efifet je vous dois quelque chose, Vous voulez le secret du mal que je vous cause ; Votre exigence est juste et vous avez raison; Vous aorez à la fois réponse et guérison.
ADOLPHB.
Oh! merci!
LÉ A, ayec effort. \
Votre estime est la première joie.
Je l'ai dit, que le ciel depuis longtemps m'envoie ; Je voudrais la garder, et ne puis cependant M'acquitter envers vous, monsieur, qu'en la perdant : C'est un efifbrt suprême auquel je me résigne. Hais que vous comprendrez, car vous en êtes dign«.
ADOLPHE, i part.
Je sens une sueur froide par tout mon corps,
LÉ A, d'une voix éteinte.
Vous croyez de ma vie être le seul remords?
ADOLPHB.
Ooi, sans doute.
PAUL i'ORESTIER.
LÉA
Eh bien, non.
ADOLPHE, atterré.
Vous en avez un autre 1
LÉA
Ce tort de mon honneur, je le confie au vôtre.
ADOLPHE, trè8-énn.
Votre secret sera fidèlement gardé.
Je comprends la grandeur de votre procédé ;
Mais, loin de me guérir, ce procédé sublime
Egjm'ôtant tout eflpoiy-g^dgjifcle mon estjme ;
Et je vous quitte après cette confession,
Pénétré de douleur et d*admiration.
Adieu, madame, adieu! — - C'est un coup qui m'assomme.