ACTE PREMIER
BAUDEL.
/e l'avoue.
HONTRICHARD.
La croix de Malte coûte quinze cents francs... le nom de Beausëjour coûte combien?
BAUDEL.
Deux dent mille francs en terres...
MONTRICHARD
C*est clier. Vous devez en avoir un antre... meilleur marché.
BAUDEL.
Âhl ab! ah! très-joli 1 — En effet, monsieur, je m'appelle Baudel de mon nom patronymique.
Baudel? Gomme les Montmorency s'appelaient Bouchard. Il me semble, monsieur, que j'ai déjà entendu parler de vous... Ne vous êtes- vous pas présenté au Jockey l'an dernier?
BAUDEL.
Effectivement.
MONTRICHARD
Et vous n'avez pas été admis parce que... attendez donc... parce que monsieur votre père était marchande de modes.
BAUDEL.
C'est-à-dire qu'il était le bailleur de fonds, le commanditaire de mademoiselle Aglaé.
MONTRICHARD
Son associé en un mot. Eh bien, monsieur, si j'étais le fils de votre père, je m'appellerais Baudel tout court ; il n'y a pas de mai à être chauve : le ridicule commence & la perru-
que, monsieur de Beauséjour. Sur ce, je suis votre servi' teor. — --
Faasse sortie.
BAUDEL, l'arrêtant.
Monsieur!... la xxsrre de Beauséjour est située sur la route d'Orléans, à trente-trois kilomètres de Paris ; pourriez-vous me dire où est située la terre de Montrichard?
MONTRICHARD, revenaot en scène.
Trois curieux m'ont déjà fait cette question imprudente. Au premier j'ai répondu qu'elle était située dans le bois de Boulogne ; au second dans le bois de Yincennes, et au troisième dans la forêt de Saint-Germain. J'ai conduit ces trois sceptiques sur ma terre, et ils sont revenus convaincus... très-grièvement; si bien que personne ne s'est plus avisé de m'interroger, et je crois, monsieur, que vous n'avez pas besoin vous-même de plus amples renseignements.
BAUDEL.
Vous ne parlez là que des parties d'agrément de votre propriété ; vous oubliez les fermes qui en dépendent et qui sont situées à Spa, à Hombourg, à Bade et à Pilnitz.
MONTRICHARD
Monsieur tient absolument à un coup d'épée?
BAUDEL.
Oui, monsieur, j'en ai besoin; j'ai même une petite affaire à vous proposer à ce sujet
Ils s'asseyent à droite aor le tète-à-tAte.
MONTRICHARD
Très-bien^ mon cber monsieur Baudel. Je vous avertis que vous avez déjà un pouce de fer dans le bras; prenez garde de grossir la carte.
BAUDEL.
Obi je sais que yous êtes la meilleure lame de Paris. Votrt épée vous tient lieu de tout, même de généalogie.