ACTE PREMIER
LÉPINOIS.
Où va-t-il chercher tout ça?...
LAURE, bas.
On jurerait qu'il a été modiste.
OLIVIER
• Adorable! adorable! une petite critique seulement... je Q'aime pas votre corsage montant, je le préférerais à châle, et des manches pagodes à revers... à la place de vos manches fermées.
LÉPINOIS, bas, à sa femme.
Il se connaît atout!... il est prodigieux.
MADAME LÉPINOIS, à part.
C'est égal, je le trouve un peu tatillon.
LÉPINOIS*, il prend le chapeau d'Olivier et leporte sur la cheminée. On s'assied, madame Lépinois sur le canapé; Robert reste debout.
Voyons, mon gendre, parlez-nous de vos projets... A-près la noce, vous faites sans doute monter votre femme en chaise de poste... et vous la conduisez dans le pays dès orangers, sous le beau ciel de l'Itahe.
OLIVIER
Moi? pour quoi faire ?
MADAME LÉPINOIS.
Vous êtes donc bien pressé de voir partir votre fille ?
LÉPINOIS.
Dame! de mon temps, c'était la mode... on voyageait...
e me rappelle que, le jour de mes noces, nous avons pris
an fiacre., et il nous a descendus à Nanterre, à la Bouk
blanche...
MADAME LÉPINOIS.
Oui, un joli établissement! II n'y avait seulement pas de rideaux aux fenêtres 1
ROBERT, adossé à la cheminée.
Ah çà! qu'est-ce que vous avez été faire à Nanterre?
LÉPINOIS.
Dame!... nous nous sommes promenés... on construisait le chemin de fer... nous avons examiné les remblais.
OLIVIER
Eh bien, beau -père, si mademoiselle est de mon avis, nous resterons à Paris.
LÉPINOIS.
Ah bah!
OLIVIER
Voici le mois d'octobre, on rentre... les salons vont s'ouvrir... et il faut que je sois là!
ROBERT
Pour quoi faire ?
OLIVIER
Eh bien, pour produire ma femme... pour )a lancer!
La lancer?... où voulez-vous la lancer?
OLIVIER
Partout où l'on rit, partout où l'on s'amuse! Je veux l'initier à toutes les surprises, à tous les enchantements de la vie parisienne.
LÉPINOIS-
A la bonne heure 1