ACTE PREMIER. 37I
THÉRÈSE
Voilà d'excellentes dispositions.
OLIVIER
Il y a des gens qui, à peine mariés, déposent au ves tiaire de la mairie toute la joyeuse défroque de leur ce libat.
LÉPINOIS.
C'est bien vrai!
OLIYIER.
Le lendemain de la noce, ils coiffent leur jeunesse d'une calotte grecque... ouatée...
LÉPINOIS.
Oh!
Il ôte vivement sa -calotte grecque.
OLIVIER
Ils s'enterrent dans une vaste robe de chambre, mettent leurs pantoufles, prennent du ventre et offrent chaque soir à leur fiancée l'aimable régal d'un mari qui s'endort en lisant son journal...
LAURE, vivement. 1
Gomme papa 1
LÉPINOIS.
Laure, taisez- vous I
OLIVIER
Moi, j'entends agir d'une autre façon ; j'entends que ma femme prenne sa part de toutes les fêtes, de tous les plaisirs...
LÉPINOIS.
Bravo ! ça va marcher I
lAURE, bas, à Thérèse.
Il a du bon I
THÉRÈSE, de même.
Quand je te le disais.
OLIVIER
La me, c'est le mouvement, le bruit, le théâtre, le Jt>al, les courses.
LÉPINOIS, s'enthousiasmant.
Oui... le monde! le monde avec ses girandoles!
MADAME LÉPINOIS
Mais tout cela va bien fatiguer ma fille.
Alloue donc ! femme bourgeoise!... Est-ce que le plaisir fatigue?... Mon rêve à moi serait de me promener dans des salons... sous des lambris dorés... de voir de grands personnages... Malheureusement, mon genre de commerce ne m'a pas lancé! (a ouvier.) Tandis que vous...
OLIVIER
Oh î moi ! j'ai toujours eu pour système de me créer des relations... Quiconque est riche, quiconque brille, quiconque reçoit... celui-là est mon ami !
LÉPINOIS.
Mon gendre, vous êtes dans le vrai.
ROBERT
Je comprends ça tant qu'on est garçon... On ne risque rien ; mais un homme marié doit être un peu plus réservé dans le choix de ses relations...
LÉPINOIS.
Et pourquoi cela?