ACTE DEUXIÈME
MARTIN
Ça va te latiguer
AGÉNOR
Approche-moi la table. . Je vais essayer de tracer quel gués lignes.
Oui. (a Hernandez.) La table!... approchons la table 1...
HERNANDEZ, à part.
U me fait faire un métier de commissionnaire.
Ils placent la table devant Agénor. — Hernandez va se rasseoir sur le divan.
AGE N OR, écrivant.
« Mon cher oncle... » (S'interrompaat, à Martin.) Tu nepCUX
donc pas m'avoir un petit grapillon de raisin?... Je payerai ce qu'il faudra...
MARTIN
Mais il n'y en a pas I il n'y en a pas 1
HERNANDEZ, à part.
Il est sciant avec son raisin !
AGÉNOR, reprenant la plume.
« Mon cher oncle, je suis bien malade à Chamounix, et, malgré toute mcn énergie, je ne sais si je pourrai vous revoir jamais... » (Laissant tomber sa plume.) Non... je Suis
trop faible... La sueur me monte... Prends la plume, Ferdinand.
MARTIN
Oui... repose-toi sur ce divan... Hernandez, aide-le!
(Hernandez vient prendre Agénor par le bras et l'installe «ur le divan face à la fenêtre.) Le COUSSiul le COUSSiuI..,
HERNÀriDEZy apporte le coussin en jurant.
Valgame à laporral
Il va s^asseoir à droite MARTIN, s'asseyant à la table.
Maintenant, tu vas me dicter.
âGÉNOR, dictant.
« J'emprunte, pour continuer ma lettre, la main de mon meilleur ami. »
UÀRIIN, à part, écrivant.
Canaille I
ÂGÉ NCR, dictant.
« De mon meilleur ami, dont la femme m'a soigné avec ie dévouement d'une sœur... »
HERNANDEZ, à part, jaloux.
D'une sœur 1
AGÉNOR. dictant.
(( De charité. Je ne crains pas d'exagérer en disant que cette femme est un ange... »
Hernandez se lève.
MARTIN, à part.
Un angel... ellel... (a Hemandez.) Tiens, prends la plume... je ne peux pas continuer I
Il se lève.
HERNANDEZ, protestant à voix basse.
Âh! mais les écritures... ça m'embête!
MARTIN, bas.
Puisqu'il est condamné 1 nous ne devons rien lui refuser,