SCÈNE XIV
AGÉNOR, puis MARTIN.
ÂGÉ N OR, seul, jetant sa serviette sur la table.
Que le diable l'emporte!... Elle m'a coupé l'appétit. Je
n'ai plus faim. (ll range le guéridon, à gauche, près de la fenêtre.)
Ah! j'ai besoin de prendre Fair. Un glacier me remettra. Voyons le temps.
Il ouvre la fenêtre et regarde au dehors. MARTIN, inquiet, entrant par la porte du fond.
J'ai lâché le domino. Je mettais du quatre sur du six,
et du blanc sur du trois, (/.percevant Agénor, qui est à la fenêtre, lui tournant le dos.) Le VOilàl (Allant à lui, très-inquiet.) Eh
bien, comment vas-tu?
AGÉNOR, quittant la fenêtre.
Je suis tout à fait bien. J'allais sortir.
MARTIN, à part,aveo joie.
Il n'a pas bu I
AGÉNOR
Ah ! mon pauvre ami, je me suis cru bien près de ma fin... Eh bien, tu me croiras si tu veux, ce qui me faisait le plus de peine, ce n'était pas tant de passer l'arme ô gauche que de te quitter.
MARTIN, à part.
Oui, oui ! de qu.'tter ma femme I
AGÉNOR
Aussi ma dernière pensée a été pour toi.
Merci.
AGÉNOR
Croyant partir, j'ai fait mon testament.. J'ai vingt-deux mille cinq cents francs de rente : je t'ai tout laissé, mon ami!
MARTIN
A moi?... Je ne veux pas I je ne puis accepter.'
AGÉNOR
Pourquoi? je n'ai plus de parents.
MARTIN
Je refuse... déchire ce testament.
AGÉNOR
Je viens de l'envoyer à mon notaire... Il est à la poste.
MARTIN
Non! c'est impossible! Révoque-le... (s'approchant de la
table.) Voilà du papier... des plumes, (il s'approche delà tasse et, la trouvant vide, à part.) Ah! il a bu! il a bu! (Se trouvant
mal et tombant sur un fauteuil.) Ah! mon Dieu! ahl mon Dieu!
AGÉNOR, courant à lui.
Eh bien, qu'est-ce que tu as? Martini mon pauvre Martin !
MARTIN, suffoqué.
Je... ie... je ne peux parlerl
AGÉNOR
Tu m'as soigné... C'est à mon tour.
MARTIN
Mais nonl Toi! toi... de l'émétiquel... de l'émétique!...
AGÉNOR
Tu veux de l'émétique? Tout de suite 1 (Appeknt.) Holà' quelqu'un 1 du monde I