SCÈNE SEPTIÈME
FOURCHEVIF.
Oh ! je ne vous le demande pas pour rien. (Tirant son portefeuille). Je suis trop juste.
LAMBERT
Oh ! oh ! cachez cela.
FOURCHEVIF.
Comment?
LAMBERT
Je ne vends pas de vieux galons.
FOURCHEVIF, étonné.
Ail! alors, que désirez-vous?
LAMBERT, «'asseyant.
C'est bien simple, je désire que vous sortiez de mon nom.
FOURCHEVIF.
Ah! ça, c'est impossible.
LAMBERT
Impossible est joh. Mais vous oubliez donc que je puis vous y contraindre ? on vient de faire une petite loi sur les titres.
FOURCHEVIF, vivement.
Je la connais, mais vous ne voudrez pas, vous un artiste, vous ne voudrez pas dépouiller un pauvre père de famille d'un nom qu'il a honorablement conquis pa? dix-huit ans d'exercice !
LAMBERT
Il y a six mois, j'ai fait condamner un monsieur qui avait conquis ma montre de cette manière-là.
FOURCHEVIF.
Oh ! quelle différence ! Mais vous ne savez pas tout. Je 'II. 23
me présente au conseil général, mes circulaires sont lancées; ce serait me couvrir de honte, de ridicule.
LAMBERT
Désolé!
FOURCHEVIF.
Et ma femme, pauvre femme, comment lui dire...? Elle est si nerveuse. Et ma fille, ma pauvre fille, qm va se marier. Un pareil scandale ferait tout manquer... elle en mourrait et ma femme aussi ! et moi aussi 1
LAMBERT, riant.
Diable! trois morts sur la conscience.
FOURCHEVIF.
Quatre ! le prétendu , quatre !
LAMBERT, à part.
Il est drôle, ce bonhomme. (Haut.) Mon Bien! je n'ai aucune raison de vous être personnellement désagréable, et je cherche s'il n'y aurait pas un moyen...
FOURCHEVIF.
Oh ! parlez ! (Tirant de nouveau son portefeuille) auCUn sacrifice ne me coûtera.
LAMBERT
Laissez donc votre portefeuille en repos.
FOURCHEVIF.
Oui, voyons votre moyen, (a part.) Dieu! que j'ai chaud!
LAMBERT
Vous êtes riche,, n'est-ce pas... très-riche?
FOURCHEVIF.
Moi? (A part.) Il va me demander des sommes folles. (Haut.) Je suis riche... j'aivne certaine aisance, mais il ne faudrait pas croire...