‹ Theatre complet de Eugene Labiche (volume 4)Chapitre 51 sur 364 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

YERNOUILLET.

Alors, un soupçon horrible a traversé mon cerveau, je me suis rappelé toutes les circonstances de notre intimité. . .

CÉmiARE.

Voyons!... ne vous montez pas la tète.

YERNOUILLET.

Ah! si cela était vrai...

CÉLIMARE.

HBui... mais c'est faux !

YERNOUILLET.

J'ai déjà choisi mes armes.

CÉLIMARE.

Un duel ?

YERNOUILLET.

Non... je ne me battrai pas. Le duel est un préjugé barbare... mais je vous attendrai le soir au coin de votre rue... avec des pistolets...

CÉLIMARE, effrayé.

Un meurtre?

YERNOUILLET.

Oh ! je serais acquitté... On acquitte toujours pour la jalousie.

CÉLIMARE.

Vernouillet... mais vous êtes fou ! Vous, mon ami... mon vieil ami... (a part.) Il faut le chauffer.

YERNOUILLET.

De deux choses l'une : ou c'est ma femme, ou «'estmoi que vous aimiez... je ne sors pas de làl

% GÊLIMARE.

CÉLIMARE.

Mais c'est vous seul.

VERNOUILLET

Alors, pourquoi me négligez-vous?...

CÉLIMARE.

Moi?... mais je me jetterais dans le feu pour vous... Te nez... demandez-moi im service, un petit service.

VERNOUILLET

Des phrases ! J'ai acquis aujourd'hui la preuve de ^tre parfaite indifférence. ^

CÉLIMARE.

Comment?

VERNOUILLET, avec amertume.

Célimare... c'est aujourd'hui ma fête !

Allons, bien!... (Haut, voulant l'embrasser.) Cher ami, permettez...

VERNOUILLET, l'écartant.

J'ai attendu votre bouquet ce matin...

CÉLIMARE, à part.

Ah! bigre 1...

VERNOUILLET

Depuis cinq ans... c'est la première fois que vous Tavez oublié.

CÉLIMARE.

Oubhé\.. par exemplel... Je l'ai commandé... il va venir.

Page 1