‹ Theatre complet de F. PonsardChapitre 212 sur 337 · JI.VRAT · texte numérisé non relu

JI.VRAT

.l";ii, la lanterne en main, Cherché; je n'ai point vu d'homme sur mon chemin.

Regardant Danton. Regardant Robespierre.

L'un manque de grandeur, et l'autre de courage.

— Alors ce sera moi qui ferai votre ouvrage.

Il se lève, et marche d'un pas agité vers la gauche. DANTON.

Enfin que veux-tu donc?

MARAT

Je ne pense pas , moi , Que tout soit terminé, dès qu'on n'a plus de roi; C'est le commencement. — Je sais que cliez les nôtres Quelques-uns ne voulaient ([ue la place des autres. Et tiennent que chacun doit être satisfait , Quand ce sont eux qui font ce (pie d'autres ont fait. Leur révolution se mesure à leur taille.

— Ce n'est pas pour si peu , Danton , que je travaille. Ami du peuple hier, je le suis aujourd'hui ;

J'ai souffert , j'ai lutté , j'ai haï comme lui ;

Misère, oubli, dédain, hauteur patricienne,

Ses affronts sont les miens ; sa vengeance est la mienne.

Il le sait; il défend celui qui le défend.

Or, je porterai loin son drapeau triomphant.

II ne me suffit })as d'un changement de forme ;

Au sein des jirofomlciirs j'enfonce la réforme.

Je veux armé du soc, retourner les sillons.

A l'ombre les habits ! au soleil les haillons !

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