SCENE r. :^6B
Il est pauvre. Il aurait les ti'ésors du Pactole, Que je ne voudrais pas accepter une obole.
Pauvre! fils d'affranchi ! volai^e dans ses goûts! Médiocrement beau ! — Pourcpioi donc l'aimez-vous?
LvniK.
Je ne sais pas. Je l'aime.
BEROÉ.
0 l'étrange faiblesse !
Eh quoi ! les plus grands noms de la jeune noblesse , Les Drusus, les Pisons, implorant un coup d'oeil, D'inutiles soupirs fatiguent votre seuil; Si vous préférez l'or aux brillantes intrigues , Tout avare usurier aura des mains prodigues. Chrêmes , pour dégrafer ce manteau complaisant , Viderait à vos pieds son coffre-fort pesant. Et — pouvant bien choisir, — vous vous mettez en tète. Quoi?... d'aimer un faiseur de chansons, — un poète !
LYDIE
Que veux-tu !
Par Plutus! songez donc qu'Apollon Ne s'appelle doré, que parce qu'il est blond.
L Y D I K , sour'; '.
C'est juste.
Marcius a des aïeux antiques ; Leurs images de cire illustrent ses portiques ; Qu'en dites-vous, madame ?
Eh ! que m'importe à moi Qu'ayant des goûts d'esclave, il descende d'un roi ! Je refuse ma couche au petit-fils d'Énée , Dont le regard est trouble et l'haleine avinée.
BEROÉ.
Et Cérinthe? il est beau.
LVDIE.
C'est vrai; mais il est sot. Sa bêtise orgueilleuse éclate au premier mot.
BEROÉ.
Calaïs?
LVDIE.
Calaïs , dont le talent unique Consiste à bien draper les plis de sa tunique !
Préférez-vous Rufus ?
LYDIE
Nul n'a le goût plus lin Pour disccrniM" (rahoiil une luiilro du Lucrin.