SCENE II
Bcroé s'approche avec la lyre , et eu tire quelques accorJs , pendant que Lydie récite les vers d'Horace.
Compagnons du printemps , les zéphyrs ont soufflé
Dans les voiles tendues ; Le Tibre, qui se tait , ne roule plus enflé
Par les neiges fondues.
Dans les prés amollis la nouvelle saison
Épaissit l'herbe fraîche, Et déjà le troupeau, qu'invite le gazon,
Se plaît moins dans la crèche.
Déjà, d'un pied joyeiLx, Vénus condmt les chœurs
De la ronde commune Où la nymphe, et la grâce, unie à ses deux sœurs.
Dansent au clair de lune.
II 0 n A C E , l'interrompant , et cherchant à reprendre les tablettes.
C'est assez. Le surplus n'est pas encor poli. Tu le liras demain.
L V D I K , retenant les tablettes.
Non , non. C'est très-joli.
II 0 R A c E j joignant les mains.
De grâce !
LYDIE
Eh bien ! passons à la dernière strophe, lîlle est la mienne.
II ou ACE , à part
Bon ! i;arc la catastrophe !
378 UN •: ODE D'HOKACE.
LYDIE, lisant.
Bacchus verse l'oubli des chagrins. Évolië !
— Esclave , écoute encore :
Dans son réduit connu va-t'en cherclier. . . . Chloé!
C'est Chloé que j'adore!
EUe se retourne rers Horace, en lui montrant les tablettes.
C'est Chloé !
HORACE
Je...
LYDIE
Chloé!
HORACE
Mais...
LYDIE
Parle ! réponds-moi !
Traître! que diras-tu? — parle donc !
Beroé se retir<! dans le cabinet. HORACE.
.l'ai...
LYDI E.
Tais-toi !
II ose cncor parler après son iiiipostiire, Le fourbe! — Prétends-tu nier ton écriture?
— Ai-je mal lu?
Elle loi ninntre les taV>lettcs.
Tiens, lis; vois ton accusateur.
— Cliloé ! c'est l)ien (",liloé. — Diras-tu non? menteur !