‹ Theatre complet de F. PonsardChapitre 247 sur 337 · H O II ACE · texte numérisé non relu

H O II ACE

Lydie ! au nom des dieux ! écoute-moi , Lydie !

Ah! pouvais-je m'attendre à cette perfidie!

Ah! comme il se jouait de ma crédulité!

Jamais coup plus cruel m'a-t-ii été porté !

Le parjure attestait les dieux de sa tendresse !

Il osait défier leur foudre vengeresse !

Quoi d'étonnant , d'ailleurs , qu'il se moque des dieux !

Un infidèle amant ne peut être pieux.

— Et, simple que j'étais, sotte comme une femme.

J'ai cru que ses serments partaient du fond de l'àme !

J'avais presque un remords de mes soupçons jaloux ;

Il s'indignait si bien , que je l'avais absous.

Je m'épanouissais devant ses fourberies

Dont mon cœur altéré buvait les flatteries.

Ah ! sottise ! c'était un rôle bien joué.

Il parlait à Lydie en pensant à Chloé.

0 dieux! — C'est très-plaisant. Vous avez bien dû rire,

N'est-il pas vrai? pendant ([u'on apportait la lyre.

J'ai mis tant de bonheur et tant de bonne foi

A réciter ces vers que je croyais pour moi !

Comme je jouissais de ma gloire usurpée !

Comme j'en savourais la lente mélopée!

— Trop lente selon vous ! vous attendiez la fin ;

Vous vouliez voir l'effet d'un sarcasme si lin,

Et de quel air confus je prendrais l'épigramme,

Quand je verrais au bout le nom d'une autre femme

Oui, oui, c'est très-plaisant ; il faut en rire. — Eh bien !

Toi , ris de ton côté ; moi , je pleure du mien.

Kilo va tomber assise dans lo fauteril. II GRACE.

Lydie , écoute-moi 1

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