‹ Theatre complet de F. PonsardChapitre 250 sur 337 · SCENE H · texte numérisé non relu

SCENE H

LYDIE

Il me plaît ; Cela suffit.

Rogardant Horace.

D'ailleurs on peut être plus laid.

HORACE

En mille traits d'esprit sa causerie abonde ; Vous tiendrez les propos les plus jolis du monde.

On dit toujours très-bien ce qu'on sent. Les amours Vivent de sentiments et non de beaux discours.

HORACE

S'ils vivent de sottise, ils ne feront pas diète.

LYDIE

Oli! Caiaïs n'a pas tout l'esprit d'un poëte ;

Il ne sait pas , sans cesse occupé de ses vers ,

A tout ce (|u'on lui dit répondre de travers;

Il ne veut pas frapjter du front les toits célestes ,

Pour avoir aligné deux ou trois anapestes;

Il ne se change pas en cjgne un beau matin;

Mais il a du bon sens , — ce qui manque à certain.

HORACE

Eh 1 prenez-le donc vite !

LYDIE

En vérité?

HOUACE.

Sans doulo.

LYDIE

Fort bien. Votre conseil est bon , et je le goûte.

Appelant Beroé.

Bercé ! tu sais bien ce jeune et beau garçon , Calaïs , qui toujours rôde sous ma maison ?

B E R 0 E , venant vers Lydie .

Oui , oui.

LYDIE

Va le chercher. Dis-lui que je l'invite A souper ; que je l'aime , et qu'il vienne au plus vite.

BERCÉ

J'y cours , madame.

HORACE

Attends , ma bonne Beroé.

Tu connais , n'est-ce pas , la charmante Chloé ?

BERCÉ

Chloé, notre voisine?

HORACE

Oui. Passe chez la belle , Et dis-lui que j'irai , ce soir, souper chez elle.

L Y' D I E , ;i UiM-oi' uni l:i consulte des yeux.

Va. Fais ce (ju'il te dit. .lo l'approuve très-fort.

S.U't lîel-oi'.

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