‹ Theatre complet de F. PonsardChapitre 277 sur 337 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

Et quand pour moi vient l'heure du repos, Je dors paisible sur la paille.

ULYSSE, à Euniéc.

Il parjiît qu(< loii muîlrc, ami , n'a point d'enfant; Car les biens sont sacrés, quand un fils les défend.

EUMÉE

Tu te trompes ; mon maître a pour fils Télémaque. — C'est le ()lus aecorapli des jeunes gens d'Ithaque.

ULYSSE

Vraiment ! Ce jeune prince a-t-il un bel aspect?

EUMÉE

Tel , que ceux qui le voient sont saisis de respect.

ULYSSE

Est-il sage et prudent?

EUMÉE

Presque autant que son père.

ULYSSE

Sait-il dans les conseils bien parler d'une affaire?

EUMÉE

Si bien, qu'en l'entendant les f>euples sont ravis, Et que les plus âgés écoutent ses avis.

ULYSSE-

Sans doute il est vaillant? car, d'ailleurs fût-on sage , Habile à la parole et noble de visage , Si le cœur est d'un cerf timide , cl si le bras , Impropre aux javelots, tremble dans les combats ,

28 ULYSSE

On n'est plus qu'un objet de risée et de biânie

Que n'estime aucun homme, et n'aime aucune femme..

Rentrée des jeunes gens qui apportent le vin.

Ne crois pas que jamais on tienne ces propos ;

Rien qu'à voir Télémaque on devine un héros.

— Il est eucor trop jeune et novice aux batailles

Pour venger ses affronts par d'amples représailles;

Mais sois sûr que les jours viendront, où , plus âgé,

Il châtîra tous ceux qui l'auront outragé.

Aussi , — Dieux , confondez leurs trames sacrilèges ! —

Les méchants prétendants lui préparent des pièges.

Comme il est en voyage et reviendra d'abord ,

Des vaisseaux embusqués l'attendent vers le port.

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