‹ Theatre complet de F. PonsardChapitre 313 sur 337 · ACTE III. -îg · texte numérisé non relu

ACTE III. -îg

ULYSSE

Un morceau de ce pain que vous ne mangez pas, Serait pour l'indigent un excellent repas ; Songez que l'abondance, auprès de la disette, Envers ceux qui n'ont rien , seigneur, est une dette.

CTÉSIPPE

Paix l

ULYSSE

Si vous n'êtes pas à l'abri du remords. Une bonne action efface bien -des torts.

CTÉSIPPE

Va-t'en. Tu n'auras rien.

ri.YSSE, à Amiiliinome.

Et vous , mon beau jeune homme, Ne donnerez-vous pas, magnanime Ampliinome? Je suis sur qu'au moment de choisir un époux , Toute fdle voudiait un mari tel que vous. Donnez, et puissiez-vous avoir en récompense Une femme prudente et craignant la dépense !

A M P H I N 0 M E , tondant sa roupe à Vlyssc.

Prends ma coupe, vieillard; l)ois et- vin généreux. Et qu'un jour les deslins te soient moins rigoureux!

l'LYSSE, lui rendant la coupe, après avoir bu.

Noble Ampliinome, fils d'un père respectable, Vous êtes un seigneur pieux et charitable ; Écoutez en retour l'avis d'un vagabond : — Qu'imiiorte qui je suis, si mon conseil est bon ! —

Je vois qu'on fait ici des choses que je blâme ;

On pille un homme absent, et Ion poursuit sa femme.

Est-ce juste? Non certe ; et je crois que les Dieux

Ne loléreront plus ce pillage odieux.

Retirez-vous ; partez ; gagnez votre demeure

A l'instant; n'attendez pas un jour, pas une heure;

Partez vite; la Mort ignore les délais;

Elle accourt , et déjà plane sur ce palais.

A M P 11 1 N 0 M E , odravé, se lève, puis se rasseyant.

Bah ! j'y réfléchirai demain.

ULYSSE

Trop tard peut-être.

Hepreiiant un U*n huml)le, et s"<nlrossaiit à Antinous.

Donnez, .\nlinoiis; donnez, mon jeune maître; Vous devez donner plus qu'aucun de vos amis ; Car, à ne pas mentir, vous êtes le mieux mis ; Vous avez l'air d'un roi qui siège sur son trône. — ,1'éfais riche autrefois, et je faisais l'auftiône; Mais mon vaisseau

ANTINOUS

Paix donc ! éternel discoureur!

Va servir, fainéant, chez quelque laboureur. Tu trouves plus aisé de vivre dans la rue, Que de gagner ton ixiiii en poussant la charrue.

IM.YSSE.

Oli ! si nous labourions, tous deux, au même endroit. Nous verrions qui ferait le sillon le plus droit. Non , aile/; je ne s\iis ni l'ainrant , ni hiclie ;

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