‹ Théâtre complet de G. E. Lessing (volume 2)Chapitre 37 sur 138 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

SALADIN, SITTAH

sittah. C'est surprenant!

saladin. Eh bien, Sittah, mon Assad ne doit-il pas avoir été un beau et brave jeune homme?

sittah. A moins que ce ne soit pas lui, mais plutôt le Templier qui ait posé pour ce portrait... Mais comment as- tu donc pu oublier de t'informer de ses parents ?

saladin. Et particulièrement de sa mère, et si elle ne serait jamais venue dans ce pays... n'est-ce pas?

sitah. Tu t'amuses !

saladin. Oh ! rien ne serait plus possible : car Assad était si bien venu des jolies dames chrétiennes, si favorisé des jolies dames chrétiennes, qu'une fois on raconta. — Allons, allons, on n'aime pas à parler de cela... — Il suffit que je l'aie retrouvé... Je veux le retrouver avec tous ses défauts, avec tous les caprices de son tendre cœur!... Oh! il faut que Nathan lui donne cette jeune fille. Ne le penses-tu pas?

sittah. La lui donne? non, la lui abandonne !

saladin. Eh oui ! Quels droits Nathan aurait-il sur elle, s'il n'est pas son père ? Celui qui lui a sauvé la vie, a seul sur elle les droits de celui qui la lui a donnée.

sitah. Mais alors, Saladin, tu pourrais prendre surle-champ cette jeune fille auprès de toi ; ce ne serait que l'enlever à son injuste possesseur.

saladin. Est-il bien nécessaire de le faire?

sittah. Peut-être pas tout à fait nécessaire... Une affectueuse curiosité me poussait seule à te donner ce conseil. Car de certains hommes font désirer de connaître aussitôt la femme qu'ils ont pu aimer.

saladin. Eh bien, alors, envoie-la chercher.

sittah. Le puis-je, frère?

salades. Seulement, ménage Nathan ! Il ne faut pas que cela puisse faire croire à Nathan qu'on veuille la lui arracher de force.

sittah. Sois sans inquiétude.

salades". Et, moi, il faut que je voie par moi-même, où est Al-Hafi.

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