‹ Théâtre complet de G. E. LessingChapitre 65 sur 114 · ADRASTE · texte numérisé non relu

ADRASTE

adeaste. Puissé-je ne jamais le revoir! Robes noires, quel est celui de vous qui n'est pas un cagot?... C'est aux prêtres que je dois mon malheur. Ils m'ont serré de près, persécuté, comme si le sang les eût attachés à

moi. Je veux te haïr, Théophane, et tous ceux de ton ordre. — Lui, ce cafard, ce honteux renégat de son intelligence, deviendrait mon beau-frère? — Et mon beau-frère, par Juliane encore?... Par Juliane?... Quelle cruelle destinée me poursuit donc partout? Un vieil ami de mon défunt père me propose une de ses filles. J'accours, et il faut que j'arrive trop tard; et il faut que ce soit celle qui, au premier coup d'oeil, avait gagné mon cœur, celle avec qui seule j'aurais pu vivre heureux, que je trouve déjà promise. Ah ! Juliane ! Tu ne m'étais donc pas destinée, toi, toi que j'aime? Et il me faut me contenter de ta sœur que je n'aime pas?...

Page 1