‹ Théâtre complet de G. E. LessingChapitre 83 sur 114 · ADRASTE, JULIANE, HENRIETTE, LISETTE · texte numérisé non relu

ADRASTE, JULIANE, HENRIETTE, LISETTE

Henriette. Vous arrivez à propos, Adraste! Vous m'avez quittée tout à l'heure assez impoliment, au milieu de mon éloge de Théophane ; mais cela ne m'empêche pas de tous souhaiter d'entendre la répétition de votre propre éloge. Vous regardez derrière vous? Vous cherchez votre panégyriste, sans doute? Ce n'est pas moi, en vérité, ce n'est pas moi; c'est ma sœur. Une sœur, la panégyriste de votre prétendu? Quel contresens! Ou c'est à la porte que vous regardez, Adraste; ou c'est ma sœur qui vous séduit.

juliane. Comme la voilà de nouveau pétulante de joie !

heneeette. Ne restez donc pas là comme un morceau de bois.

adeaste. Je vous prends à témoin, ma belle Juliane, de la manière méprisante dont elle me traite.

Henriette. Viens, Lisette, laissons-les seuls. Adraste n'a sans doute besoin de notre présence, ni pour faire ses renier chnent s, ni pour proférer ses plaintes contre moi.

juliane. Lisette restera ici.

Henriette. Non. elle ne resterapas.

lisette. Vous savez bien qu'aujourd'hui je suis à mademoiselle Henriette.

Henriette. Mais surtout prends garde à toi, sœur. Si je rencontre Théophane, tu verras ce qui arrivera. Vous ne supposez pas que je vous dise cela, pour vous rendre jaloux. Je sens en réalité que je commence à vous haïr.

adraste. Il vous serait difficile de me rendre jaloux.

Henriette. Oh ! ce serait parfait que vous me ressembliez là-dessus. Alors, alors seulement notre mariage serait un très heureux mariage. — Réjouissez-vous,

Adraste, de la manière méprisante dont nous allons mutuellement nous traiter... Tu veux répondre, sœur? Alors, il est grand temps... filons, Lisette!

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