SCÈNE IV HENRIETTE, JULIANE, ADRASTE
hekriette. {Elle s arrête près de la coulisse et écoute.) Ecoutons !
adraste. Ne me parlez pas de Théophane. Un mot de vous a plus d'effet qu'une criaillerie d'une heure, venant de lui. Vous vous étonnez? Peut-il en être autrement du pouvoir que doit avoir sur moi la seule personne que j'aime, que j'adore?... Oui, que j'aime... Le mot en est lâché ! il l'est ! me voilà délivré de ce secret ; je me suis toujours torturé pour le garder, et, pour l'avoir révélé, je n'en espère pas davantage... Vous pâlissez?...
jtliane. Qu'ai-je entendu, Adraste?
adraste. (Tombant à ses genoux.) Laissez-moi jurer à vos genoux que c'est la vérité que vous avez entendue... Je vous aime, belle Juliane, et je vous aimerai éternellement. Maintenant je vous ai dévoilé mon cœur. En voulais-je convaincre une autre et me convaincre moi-même, que mon indifférence à l'égard de Henriette était l'effet des défauts que j'avais remarqués en elle : ce n'était que le résultat d'une inclination déjà née. Et l'aimable Henriette n'a peut-être d'autres défauts que celui d'avoir une sœur encore plus aimable...
Henriette. Bravo ! Je vais faire interrompre la scène par Théophane... {Elle sort.)