‹ Théâtre complet de J.-B. Poquelin de MolièreChapitre 101 sur 189 · ACTE I, SCENE V. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE V. i

^ix heures ; elle estoit preste à ensevelir, lors qu'avec une goûte de quelque chose vous la fistes revenir et marcher d'abord par la chambre. Sganarelle.

Peste !

Lucas.

Un petit enfant de douze ans se laissit choir du haut d'un clocher, dequoj il eut la teste, les jambes et les bras cassez; et vous, avec je ne sçay quel onguent, vous fistes qu'aussi-tost il se relevit sur ses piez et s'en fut jouer à la fossette, Sganarelle.

Diantre !

Valere.

Enfin, Monsieur, vous aurez contentement avec nous, et vous gagnerez ce que vous voudrez en vous laissant conduire où nous prétendons vous mener.

Sganarelle.

Je gagnerayce que je voudray?

Valere.

Oûy.

Sganarelle.

Ah ! je suis médecin sans contredit. Je l'avois oublié, m.ais je m'en ressouviens. Dequoy est-il question? où faut-il se transporter?

Valere.

Nous vous conduirons. Il est question d'aller Toir une fille qui a perdu la parole.

Sganarelle.

Ma foy, je ne l'ay pas trouvée.

Valere.

Il ayme à rire. Allons, Monsieur.

Sganarelle.

Sans une robe de médecin !

Valere.

Nous en prendrons une.

Sganarelle, présentant sa bouteille à Valere. Tenez cela, vous : voila où je mets mes juleps. [Puis, se tournant vers Lucas en crachant.) Vous, marchez là dessus, par ordonnance du médecin. Lucas Palsanguenne ! vêla un médecin qui me plaist. Je pense qu'il réussira, car il est boufon.

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