‹ Théâtre complet de J.-B. Poquelin de MolièreChapitre 112 sur 189 · ACTE II, SCENE IV. aoi · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV. aoi

Sganarelle.

Qui est causée par l'acreté des humeurs engendrées dans la concavité du diaphragme, il arrive que ces vapeurs... Ossabandus, nequeys, nequer, potarinum, quipsa milus. Voila justement ce qui fait que vôtre fille est muette.

Jacqueline.

Ah! que ça est bian dit, notte homme !

Que n'ay-je la langue aussi bian pendue!

Geronte.

On ne peut pas mieux raisonner sans doute. II n'y a qu'une seule chose qui m'a choqué ; c'est l'endroit du foye et du cœur. Il me semble que vous les placez autrement qu'ils ne sont ; que le cœur est du costé gauche , et le foye du costé droit.

Sganarelle.

Oùy, cela estoit autrefois ainsi; mais nous avons changé tout cela, et nous faisons maintenant la médecine d'une méthode toute nouvelle.

Geronte.

C'est ce que je ne sçavois pas, et je vous demande pardon de mon ignorance.

Sganarelle.

Il n'y a point de mal, et vous n'estes pas obligé d'estre aussi habile que nous.

Geronte.

Asseurément; mais. Monsieur, que croyez-vous qu'il faille faire à cette maladie?

Sganarelle.

Ce que je croy qu'il faille faire ?

Geronte.

Ouy.

Sganarelle.

Mon avis est qu'on la remette sur son lit, et qu'on luy fasse prendre pour remède quantité de pain trempé dans du vin.

Geronte.

Pourquoy cela, Monsieur?

Parce qu'il y a dans le vin et le pain, meslez ensemble, une vertu sympathique qui fait parler. Ne voyez-vous pas bien qu'on ne donne autre chose aux perroquets, et qu'ils apprennent à parler en mangeant de cela?

Geronte.

Cela est vray. Ah! le grand homme! Viste, quantité de pain et de vin!

Sganarelle.

Je reviendray voir sur le soir en quel estât elle sera. (.4 la nourrice.) Doucement, vous. Monsieur, voila une nourrice à laquelle il faut que je fasse quelques petits remèdes.

Jacqueline.

Qui ? moy? Je me porte le mieux du monde.

Sganarelle.

Tant pis, nourrice, tant pis. Cette grande santé est à craindre, et il ne sera mauvais de vous faire quelque petite saignée amiable, de vous donner quelque petit clistere dulcifîant.

Geronte.

Mais, Monsieur, voila une mode que je ne

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