ACTE II, SCENE IV. 2o
comprens point. Pourquoy s'aller faire saigner quand on n'a point de maladie?
Sganarelle.
Il n'importe , la mode en est salutaire : et , comme on boit pour la soif à venir, il faut se faire aussi saigner pour la maladie à venir.
Jacqueline, en se retirant.
Ma fy ! je me mocque de ça, et je ne veux point faire de mon corps une boutique d'apothiquaire. Sganarelle.
Vous estes rétive aux remèdes, mais nous sçaurons vous soumettre à la raison. Parlant à Geronte.) Je vous donne le bon-jour.
Attendez un peu, s'il vous plaist.
Que voulez-vous faire ?
Geronte.
Vous donner de l'argent, Monsieur.
Sganarelle, tendant sa main derrière, par dessous sa robe, tandis que Geronte ouvre sa bource. Je n'en prendray pas, Monsieur.
Geronte.
Monsieur...
Sganarelle.
Point du tout.
Geronte.
Un petit moment.
Sganarelle.
En aucune façon.
Geronte.
De grâce !
Sganarelle.
Vous vous mocquez.
Geronte.
Voila qui est fait,
Sganarelle.
Je n'en feray rien.
Geronte.
Hé!
Sganarelle.
Ce n'est pas l'argent qui me fait agir.
Je le croy.
Sganarelle, après avoir pris l'argent.
Cela est-il de poids?
Geronte.
Oùy, Monsieur.
Sganarelle.
Je ne suis pas un médecin mercenaire.
Geronte.
Je le sçay bien.
Sganarelle.
L'interest ne me gouverne point.
Geronte.
Je n'ay pas cette pensée.