‹ Théâtre complet de J.-B. Poquelin de MolièreChapitre 165 sur 189 · ADRASTE, HALI · texte numérisé non relu

ADRASTE, HALI

Adraste.

Je n'entens remuer personne. Hali! Hali!

H ALI, caché dans un coin.

Monsieur.

Où donc te caches-tu?

Hali.

Ces gens sont-ils sortis?

Adraste.

Non, personne ne bouge.

Hali, en sortant d'où il estoit caché.

S'ils viennent, ils seront frottez.

Adraste.

Quoy ! tous nos soins seront donc inutiles, et toujours ce fâcheux jaloux se moquera de nos desseins?

Hali.

Non, le courroux du point d'honneur me prend ; il ne sera pas dit qu'on triomphe de mon adresse; ma qualité de fourbe s'indigne de tous ces obstacles, et je prétens faire éclater les talens que j'ay eus du Ciel.

Adraste.

Je voudrois seulement que, par quelque moyen, par un billet, par quelque bouche, elle fût avertie

des sentimens qu'on a pour elle, et sçavoir les siens là-dessus. Après , on peut trouver facilement les moyens...

Hali.

Laissez-moy faire seulement; j'en essayerai tant de toutes les manières que quelque chose enfin nous pourra réussir. Allons,. le jour paroist; je vais chercher mes gens, et venir attendre en ce lieu que nôtre jaloux sorte.

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