SCENE XII
H ALI, vestu en Espagnol, D. PEDRE, ADRASTE, ISIDORE.
D. Pedre.
Que veut cet homme-là? Et qui laisse monter les gens sans nous en venir avertir?
3o2 LE SICILIEN.
Hali.
J'entre icy librement; mais entre cavaliers telle liberté est permise. Seigneur, suis-je connu de vous?
D. Pedre.
Non, Seigneur.
Hali.
Je suis D. Gilles d'Avalos , et l'histoire d'Espagne vous doit avoir instruit de mon mérite. D. Pedre.
Souhaitez-vous quelque chose de moy
Hali.
Oûy, un conseil sur un fait d'honneur : je sçay qu'en ces matières il est malaisé de trouver un cavalier plus consommé que vous. Mais je vous demande pour grâce que nous nous tirions à l'écart. D. Pedre.
Nous voila assez loin.
Adraste, regardant Isidore.
Elle a les yeux bleus.
Hali.
Seigneur, j'ay receu un soufflet : vous sçavez ce qu'est un soufflet lors qu'il se donne à main ouverte sur le beau milieu de la joue. J'ay ce soufflet fort sur le coaur, et je suis dans l'incertitude si, pour me vanger de l'afîront, je dois me battre avec mon homme, ou bien le faire assassiner. D. Pedre.
Assassiner, c'est le plus court chemin. Quel est vostre ennemy?
Hali.
Parlons bas, s'il vous plaist.