‹ Théâtre complet de J.-B. Poquelin de MolièreChapitre 82 sur 189 · ALCESTE · texte numérisé non relu

ALCESTE

ACASTE

Madame, nous venons tous deux, sans vous déplaire, Edaircir avec vous une petite affaire.

Fort à propos. Messieurs, vous vous trouvez icy, Et vous estes meslez dans cette affaire aussy.

Arsinoé.

Madame, vous serez surprise de ma veuë Mais ce sont ces messieurs qui causent ma venue : Tous deux ils m'ont trouvée, et se sont plaints à moy D'un trait à qui mon cœur ne sçauroit prester foy. J'ay du fonds de vostre ame une trop haute estime

i5o LE MISANTROPE.

Pour VOUS croire jamais capable d'un tel crime; Mes yeux ont démenty leurs témoins les plus forts, Et, l'amitié passant sur de petits discords, J'aj bien voulu chez vous leur faire compagnie Pour vous voir vous laver de cette calomnie.

ACASTE

Où}', Madame, voyons, d'un esprit adoucy, Comment vous vous prendrez à soutenir cecy. Cette lettre par vous est écrite à Clitandre.

Clitandre.

Vous avez pour Acaste écrit ce billet tendre.

ACASTE

Messieurs, ces traits pour vous n'ont point d'obscurité, Et je ne doute pas que sa civilité A connoistre sa main n'ait trop sceu vous instruire; Mais cecy vaut assez la peine de le lire.

Vous estes un étrange homme de condamner mon enjoûment, et de me reprocher que je n'ay jamais tant de joye que lors que je ne suis pas avec vous. Il n'y a rien de plus injuste ; et, si vous ne venez bien viste me demander pardon de cette offence, je ne vous la pardonneray de ma vie. Nostre grand flandrin de vicomte...

Il devroit estre icy.

Nostre grand flandrin de vicomte, par qui vous commencez vos plaintes, est un homme qui ne sçauroit me revenir; et, depuis que je l'ay veu, trois quarts d'heure durant, cracher dans un puits pour faire des ronds, je n'ay piî jamais prendre bonne opinion de luy. Pour le petit marquis...

C'est moy-mesme, Messieurs, sans nulle vanité.

Pour le petit marquis, qui me tint hyer longtemps la main, je trouve qu'il n'y a rien de si mince que toute sa personne, et

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