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Madame , ce combat n*est point venu de moi , ^
34 LKS FHÊRËS ENJNEmS.
Mais de quelques soldats , tant d'Aiigos que des nôtres.
Qui y s'étant querellés les tins ayec les autres ,
Ont insensiblement tout le corps ébranlé ,
Et fait un grand combat d'un simple démêlé.
La bataille sans doute allait être cruelle ,
Et son éTénement vidait notre querelle;
Quandjdu fils de Créon l'héroïque trépas
De tous les combattants a retenu le bras.
Ge prince jsle dernier de la race royale ,
S'est appliqué des dieux la réponse fatale ;
Et hii-méme à la mort il s'est précipité ,
De ramour du pays noblemoit transporté.
JOCASTE
Ah ! si le seul amour qu'il eut pour sa patrie
Le rendit insœsible aux douceurs de la Tie ,
Mon fils, ce même amour ne peut-il seulement
De Totre ambition vaincre l'emportement ?
Un exemide si beau vous invite à le suivre.
Il ne faudra cesser de régner ni de vivre :
Vous pouvez , en cédant un peu de votre rang ,
Faire plus qu'il n'a fait en versant tout son sang ;
11 ne faut que cesser de hsor votre frère ;
Vous ferez beaucoup plus que sa mort n'a su faire.
Oh dieux ! aimer un frère, est-ce un plus grand effort
Que de haïr la vie et courir à la mort?
Et doit-il être enfin plus facile en un autre
De répandre son sang , qu'en vous d'aimer le vôtre?
ÉTÉOCLE
Son illustre vertu me charme comme vous ;
Et d'un si beau trépas je suis même jaloux.
Et toutefois, madame , il faut que je vous die
Qu'un trône est plus pâiible à quitter que la vie :
La gloire bien souvent nous porte à la haïr;
Mais peu de souverains font gloire d'obéir.
Les dieux voulaient son simg ; et ce prince , sans crime.
Ne pouvait à l'État refuser sa victime.
Mais ce même pays , qui demandait son sang ,
Demande que je règne, et m'attache à mon rang.
Jusqu'à ce qu'A m'en ôte , fi faut que j'y demeure :
Il n'a qu'à prononcer, j'obéirai sur l'heure ;
Et Thèbes me verra , pour apaiser son sort ,