‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 29 sur 716 · ÉTÉ0<3<E · texte numérisé non relu

ÉTÉ0<3<E

Madame , ce combat n*est point venu de moi , ^

34 LKS FHÊRËS ENJNEmS.

Mais de quelques soldats , tant d'Aiigos que des nôtres.

Qui y s'étant querellés les tins ayec les autres ,

Ont insensiblement tout le corps ébranlé ,

Et fait un grand combat d'un simple démêlé.

La bataille sans doute allait être cruelle ,

Et son éTénement vidait notre querelle;

Quandjdu fils de Créon l'héroïque trépas

De tous les combattants a retenu le bras.

Ge prince jsle dernier de la race royale ,

S'est appliqué des dieux la réponse fatale ;

Et hii-méme à la mort il s'est précipité ,

De ramour du pays noblemoit transporté.

JOCASTE

Ah ! si le seul amour qu'il eut pour sa patrie

Le rendit insœsible aux douceurs de la Tie ,

Mon fils, ce même amour ne peut-il seulement

De Totre ambition vaincre l'emportement ?

Un exemide si beau vous invite à le suivre.

Il ne faudra cesser de régner ni de vivre :

Vous pouvez , en cédant un peu de votre rang ,

Faire plus qu'il n'a fait en versant tout son sang ;

11 ne faut que cesser de hsor votre frère ;

Vous ferez beaucoup plus que sa mort n'a su faire.

Oh dieux ! aimer un frère, est-ce un plus grand effort

Que de haïr la vie et courir à la mort?

Et doit-il être enfin plus facile en un autre

De répandre son sang , qu'en vous d'aimer le vôtre?

ÉTÉOCLE

Son illustre vertu me charme comme vous ;

Et d'un si beau trépas je suis même jaloux.

Et toutefois, madame , il faut que je vous die

Qu'un trône est plus pâiible à quitter que la vie :

La gloire bien souvent nous porte à la haïr;

Mais peu de souverains font gloire d'obéir.

Les dieux voulaient son simg ; et ce prince , sans crime.

Ne pouvait à l'État refuser sa victime.

Mais ce même pays , qui demandait son sang ,

Demande que je règne, et m'attache à mon rang.

Jusqu'à ce qu'A m'en ôte , fi faut que j'y demeure :

Il n'a qu'à prononcer, j'obéirai sur l'heure ;

Et Thèbes me verra , pour apaiser son sort ,

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