‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 33 sur 716 · ACTE 111, SCÈEW Vt ^U · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈEW Vt ^U

Les deux frères par moi devinrent ennemis ;

£t je devins , Attale , ennemi de mon fils.

Enfin y ce même jour, je £aus rompre la trêve ,

J'exdtele soldat, tout le camp se soulève ,

On se bat; et voilà qu'un fils désespéré

Meurt, et rompt un combat que j*ai tant préparé.

Mais il me reste on fils ; et je sens que je Taime

Tout rebelle qu'il est, et tout mon rival môme :

Sans le perdre , je veux perdre mes ennemis.

11 iii.'en coûterait trop, s'il m'en coûtait deux fils.

Des deux princes, d'aâleurs , la haine est trop puissante t

Ne crois pas qu'à la paix jamais die consente.

Moi-même je saurai si bien l'envenimer,

Qu'ils périront tous deux plutôt que de s'aimer.

Les autres ennemis n*ont que de courtes haines ;

Mais quand de la nature on a brisé les chaînes ,

Cher Attale , fl n'est rien qui puisse réunir

Ceux que des noeuds si forts n'ont pas su reteiur :

L'on hait avec excès lorsque l'on hait un frère.

Mais leur éloignement ralentit leur colère :

Quelque haine qu'on ait contre un fier ennemi ,

Quand il est loin de nous , on la perd à demi.

Ne f étonne donc plus si je veux qu'ils se voient :

Je veux qu'en se voyant leurs foreurs se déploient;

Que rappelant leur haine , au lieu de la charâer.

Ils s'étouffent , Attale , en voulant s'embrasser.

ATTALB.

Vous n'avez plus , sdgneur, à craindre que vous-même On porte ses remords avec le diadème.

caÉON.

Quand on est sur le trône on a bien d'aulres soins , Et les remords sont ceux qui nous pèsent le moins. Du idaisir de r^ner une âme possédée De tout le temps passé détourne son idée ; Et de tout autre objet un esprit âoigné Croit n'avoir pdnt vécu tant qu'il n'a point régné. Mais allons. Le remords n'est pas ce qui me touche, Et je n'ai i^us un coeur que le crime effarouche : Tous les premiers forfaits coûtent quelques eflorls ; Nais , Attale , on commettes seconds sans remords.

«0 LES FRERES li:i!«iN£MiS.

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