ACTE V, SCÈNE IV
ARBATE.
I vit , chargé de gloire , accablé de douleurs. . >e sa mort eo ces lieax la nouYelle semée
(e vous a pas tous seule et sans cause alarmée ; ^es Romains , qui partout Tappuyaient par des cris , >nt par oebniit fatal ^aoé tous les esprits.
Le roi , trompé^ui-mème , en a versé des lanncs , et y désormais certain du malheur de ses aimes , *ar un r^)elle fils de toutes parts pressé , >ans espoir de secours , tout près d'être forcé ,
II voyant, pour surcroît de douleur et de haine, 'armi ses étendards porter Taigle romaine,
1 n'a plus aspiré qu'à s'ouvrir des cheoûns ^our éviter l'affront de tomber dans leurs mains. 3'abord il a tenté les atteintes mortelles !)es poisons que lui-même a crus les plus fidèles ;
I les a trouvés tous sans force et sans vertu.
t Vain secours , a-Ml dit , que j'ai trop combattu ! ( Contre tous les poisons so^neux de me défendre , i J'ai perdu tout le fruit que j*en pouvais attendre. ( Essayons maintenant des secours plus certains , ( Et cherchons un trépas plus funeste aux Romains- [1 parle; et, défiant leurs nombreuses cohortes , 3u palais, à ces mots , il fait ouvrir les portes. V l'aspect de ce front dont la noble fureur Tant de fois dans leurs rangs répandit la terreur, V^oiis les eussiez vus tous , retournant en arrière , Laisser entre eux et nous une large carrière; E:t d^à quelques uns couraient épouvantés lusque dans les vaisseaux qui les ont apportés. Vlais , le diraî-je? oh del 1 rassurés par Phamace , Et la honte en leurs cœurs réveillant leur audace Ils reprennent courage , ils attaquent le roi , l^u'un reste de soldats défendait avec moi. [)ui pourrait exprimer par quels faits incroyables , Quels coups , accompagnés de regards effroyables , Son bras, se signalant pour la dernière fois, À de ce grand héros terminé les exploits ? Enfin , las et couvert de sang et de poussière ,
II s'était fait de morts une noble barrière. Uu autre bataillon s'est avancé vers nous :
'I.T6 MITHRIDATE
he& Romains pour le joindre ont sospenda leurs coups; Ils voulaient tous ensemble accabler Mithridate. Mais lui : « C'en est assez , m*a-t-il dit , dier Arbate ; « Le sang et la fureur m'emportent trop avant. « Ne livrons pas suitout Mithridate vivant. » Aussitôt dans son sein il plonge son épée. Mais la mort fuit encorsa grande âme trompée. Ce héros dans mes bras est tombé tout sanglant, Faible , et qui s'irritait contre un trépas si lent ; £t f se plaignant à moi de ce reste de vie , 11 soulevait eiioor sa main appesantie, Et , marquant à mon bras la place de son cœur» Semblait d'un coup plus sûr implorer la laveur. Tandis que , possédé de ma douleur extrême , Je songe bien plutôt à me percer moi-même , De grands cris ont soudain attiré mes regards ; J*ai vu , qui t'aurait cru ? j'ai vu de toutes parts Vaincus et renversés les Romains et Pliamace, Fuyant vers leurs vaisseaux , abandonner la plaœ ; Kt le vainqueur, vers nous s'avançant de plus près , A mes yeux éperdus a montré Xipliarès.
MOMMB.
Juste ciel !
ARBATE.
Xîpharès toujours resté fidèle.
Et qu'an fort du combat une troupe rebelle , Par ordre de son fVère, avait enveloppé. Mais qui , d'entre leurs bras à la fin échappé , f^orçaut les plus mutins , et r^agnant le reste , Heureux et plein de joie en ce moment funeste , A travers mille morts, ardent , victorieux , S'était fait vers son père un chemin glorieux. Jugez de quelle horreur cette joie est suivie : Son bras aux pieds du roi l'allait jeter sans vie; Mais on court , on s'oppose à son emportement. Le roi m'a regardé dans ce triste moment. Et m'a dit y d'une voix qu'il poussait avec peine : •« S'il en est temps encor, cours, et sauve la reine. Ces mots m'ont fait trembler pour vous , pour Xipbarès : J'ai craint , j'ai soupçonné quelques ordres secrets. Tout lassé que j'étais , ma frayeur et mon zèle