ACTE II, SCÈNE III
'liymen de Soliman ternit-il sa mémoire? epeiidant Soliman n*était point menacé »es périls évidents dont tous êtes pressé.
RAJAZET.
It ce sont ces périls et ce soin de ma vie tiMÏ d'un senrile hymen feraient Tignominie. îoliman n'avait point ce prétexte odieux : »on esclave trouva grâce devant ses yeux ; i\t , sans subir le joug d*un hymen nécessaire , 11 lui fit de son coeur un présent volontaire.
AGOMAT.
Vlais vous aimez Roxaue.
BAJAZ£T.
Acomat , c'est assez.
Je me plains de mon sort moins que vous ne pensez. La mort n'est point pour moi le comble des disgrâces ; )*osai , tout jeune encor, la chercher sur vos traces ; Et rindîgne prison où je suis renfermé K la voir de plus près m'a même accoutumé ; Muurat à mes yeux l'a vingt fois présentée : tUe ihiit le cours d'une vie agitée.
Hélas ! si je la quitte avec quelque regret.. . i^ardonuez , Acomat; je plains avec si^et Des cœurs dont les bontés trop mal récompensées M'avaient pris pour objet de toutes leurs pensées.
ACOMAT
Ah ! si nous périssons , n'en accusez que vous ,
Seigneur : dites un mot , et vous nous sauvez tous.
Tout ce qui reste ici de braves janissaires y
De la religion les saints dépositaires ,
Du peuple byzantin ceux qui plus respectés
Par leur exemple seul règlent ses volontés ,
Sont prêts de vous conduire à la porte sacrée
D'où les nouveaux sultans font leur première entrée.
HAJAZET.
Eh bien , brave Acomat , si je leur suis si cher, Que des mains de Roxane ils viennent m'arraclicr : Du sérail , s'il le faut , venez foroer la porte ; Entrez accompagné de leur vaillante escorte. J'aime mieux en sortir sanglant , couvert de coups, Quecliargé malgré moi du nom de son époux.
348 BA^AZET.
l'eut-être je saurai , dans ce désordre extrême , Par un beau désespoir me secourir moi-même ; Attendre , en combattant , TefTet de votre foi, Et vous donner le temps de venir jusqu'à moi.
ACOMAT
Hé! pourrai-je empêcher, malgré ma diligence. Que Roxane d'un coup, n'assure sa vengeance ? Alors qu'aura servi ce zèle impétueux , Qu'à charger vos amis d'un crime infructueux ? Promettez : affranchi du péril qui vous presse , Vous verrez de quel poids sera votre promesse.
Moil
ACOMAT
Ne rougissez point : le sang des Ottomans Ne doit point en esclave obéir aux serments. Consultez ces héros que le droit de la guerre Mena victorieux jusqu'au bout de la terre : Libres dans leur victoire, et maîtres de leur fol, L'intérêt de l'État fut leur unique loi ; Et d'un trdne si saint la moitié n'est fondée Que sur la foi promise et rarement gardée. Je m'emporte, seigneur.
Oui, jesais, Acomat, Jusqu'où les a portés l'intérêt de l'État : Mais ces mêmes héros, prodigues de leur vie. Ne la rachetaient point par ime perfidie.
AGOUAT.
O courage inflexible! ô trop constante foi , Que , même en périssant , j'admire malgré moi ! Faut-il qu'en un moment un scrupule timide Perde... Mais quel bonheur nous envoie Atalide P