‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 441 sur 716 · ACTE I , SCfeNE n · texte numérisé non relu

ACTE I , SCfeNE n

3 TOUS ^18 , Je formai le dessein d'être à tous ,

vand Vf» cfaannes naissants , inconnus à mon pCre,

'avaient encor para qu'aux yeux de votre mère?

h ! si y par mon devoir forcé de tous quitter,

out mon amour alors ne put pas éclater,

e TOUS souvient-fl plus , sans compter tout le reste ,

iombien je me plai^fUs de ce devoir funeste î*

Te TOUS souvient-il pins , en quittant vos beaux yeux ,

Quelle vive douleur attendrit mes adieux?

e m'en souviens tout seul : avouez-le , madame,

e vous rappelle un songe effacé de votre Ame.

^andis que , loin de vous , sans espoir de retour,

e nourrissais encore un mdheureux amour,

Contente , et résolue à l'hymen de mon père ,

Tous les malheurs du fils ne vous afOigeaiont guère,

HONIME.

fêlas!

xiraASàs.

Avez-vous plaint un moment mes ennuis?

HOMIMB.

Prince... n'aboses point de Fétat où je suis.

XIPBABÉS.

Ejk abuser, oh ciel! quand je cours vous défendre , ^ans vous demander rien , sans oser rien prétendre; :2ue vous dirai-je enfin? lorsque je vous promets De vous mettre en état de ne me voir jamais!

■OIUHB.

C'est me promettre plus que vous ne sauriez foire.

XIPHARÈS

Quoi ! malgré mes serments , vous croyez le contraire?

Vous croyez qu'abusant de mon autorité,

Je prétends attenter à votre Hberté?

On vient, madame, on vient : expliquez- vous , de grâce ;

Un mot.

MONIME

Défendez-moi des fureurs de Pharnace :

Pour me fliire , seigneur, consentir à vous voir. Vous n'aurez pas besoin d'un injuste pouvoir.

XlPBiOlèS.

Ah madame!

HONIME.

^ eigneur, vous voyez votre frère.

BAJAZBr.

Qui? moi, madame?

ROIAMB.

Oui , toi. Youdraîa^ta point encore Me uior un mépris que ta crois <ine j'ignore? Ne prétendnds^n point, par tes foosses couleurs. Déguiser un amour qui te retient aiUears ; Et me jurer enfin , d'une bouche perfide , Tout ce que tu ne sens que pour ton Atalide?

BÀIAZET.

Atalide , madame ! Oh dd I qui tous a dit.. .

ROXAHB.

Tiens , perfide, regarde, et démens cet écrit.

BAJÂZR, après «roir regardé k lettre.

Je ne tous dis plus rien : cette lettre sincère D'un malheureux amour contient tout le mysièies Vous savez un secret que , tout prêt k s'ouvrir. Mon cœur a mille fois Touln vous découvrir. J'aime , je le ccmfesse ; et devant que votre âme. Prévenant mon espoir, m'eût déclaré sa flamme, Déjà plein d'un amour dès l'enfance formé , A tout autre désir mon coeur était fermé. ' Vous me vîntes ollHr et la vie et l'empire ; Et même votre amour, si j'ose vous le dire , Consultant vos bienfaits, les crut, et , sur leur foi. De tous mes sentiments vous répondit pour mol. Je connus votre erreur. Mais que pbuvais-je foire? Je vis en même temps qu'eue vous était chère. Combien le tr6ne tente un cceur ambitieux ! Un si noble présent me fit ouvrir les yeux. Je chéris , j'acceptai , sans tarder davantage , L'heureuse occasion de sortir d'esclavage ; D'autant plus qu'A foUait l'accepter ou périr ; D'autant plus que vous-même , ardente à me Toffrir, Vous ne craigniez rien tant que d'être refusée ; Que même mes refus vous auraient exposée ; Qu'après avoir osé me voir et me parler. Il était dangereux pour vous de reculer. Cependant , je n'en veux pour témofais que vos plaintes. Ai -je pu vous tromper par des promesses feintes? Songez combien de fois vous m'avez reproché

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