ACTE I , SCfeNE n
3 TOUS ^18 , Je formai le dessein d'être à tous ,
vand Vf» cfaannes naissants , inconnus à mon pCre,
'avaient encor para qu'aux yeux de votre mère?
h ! si y par mon devoir forcé de tous quitter,
out mon amour alors ne put pas éclater,
e TOUS souvient-fl plus , sans compter tout le reste ,
iombien je me plai^fUs de ce devoir funeste î*
Te TOUS souvient-il pins , en quittant vos beaux yeux ,
Quelle vive douleur attendrit mes adieux?
e m'en souviens tout seul : avouez-le , madame,
e vous rappelle un songe effacé de votre Ame.
^andis que , loin de vous , sans espoir de retour,
e nourrissais encore un mdheureux amour,
Contente , et résolue à l'hymen de mon père ,
Tous les malheurs du fils ne vous afOigeaiont guère,
HONIME.
fêlas!
xiraASàs.
Avez-vous plaint un moment mes ennuis?
HOMIMB.
Prince... n'aboses point de Fétat où je suis.
XIPBABÉS.
Ejk abuser, oh ciel! quand je cours vous défendre , ^ans vous demander rien , sans oser rien prétendre; :2ue vous dirai-je enfin? lorsque je vous promets De vous mettre en état de ne me voir jamais!
■OIUHB.
C'est me promettre plus que vous ne sauriez foire.
XIPHARÈS
Quoi ! malgré mes serments , vous croyez le contraire?
Vous croyez qu'abusant de mon autorité,
Je prétends attenter à votre Hberté?
On vient, madame, on vient : expliquez- vous , de grâce ;
Un mot.
MONIME
Défendez-moi des fureurs de Pharnace :
Pour me fliire , seigneur, consentir à vous voir. Vous n'aurez pas besoin d'un injuste pouvoir.
XlPBiOlèS.
Ah madame!
HONIME.
^ eigneur, vous voyez votre frère.
BAJAZBr.
Qui? moi, madame?
ROIAMB.
Oui , toi. Youdraîa^ta point encore Me uior un mépris que ta crois <ine j'ignore? Ne prétendnds^n point, par tes foosses couleurs. Déguiser un amour qui te retient aiUears ; Et me jurer enfin , d'une bouche perfide , Tout ce que tu ne sens que pour ton Atalide?
BÀIAZET.
Atalide , madame ! Oh dd I qui tous a dit.. .
ROXAHB.
Tiens , perfide, regarde, et démens cet écrit.
BAJÂZR, après «roir regardé k lettre.
Je ne tous dis plus rien : cette lettre sincère D'un malheureux amour contient tout le mysièies Vous savez un secret que , tout prêt k s'ouvrir. Mon cœur a mille fois Touln vous découvrir. J'aime , je le ccmfesse ; et devant que votre âme. Prévenant mon espoir, m'eût déclaré sa flamme, Déjà plein d'un amour dès l'enfance formé , A tout autre désir mon coeur était fermé. ' Vous me vîntes ollHr et la vie et l'empire ; Et même votre amour, si j'ose vous le dire , Consultant vos bienfaits, les crut, et , sur leur foi. De tous mes sentiments vous répondit pour mol. Je connus votre erreur. Mais que pbuvais-je foire? Je vis en même temps qu'eue vous était chère. Combien le tr6ne tente un cceur ambitieux ! Un si noble présent me fit ouvrir les yeux. Je chéris , j'acceptai , sans tarder davantage , L'heureuse occasion de sortir d'esclavage ; D'autant plus qu'A foUait l'accepter ou périr ; D'autant plus que vous-même , ardente à me Toffrir, Vous ne craigniez rien tant que d'être refusée ; Que même mes refus vous auraient exposée ; Qu'après avoir osé me voir et me parler. Il était dangereux pour vous de reculer. Cependant , je n'en veux pour témofais que vos plaintes. Ai -je pu vous tromper par des promesses feintes? Songez combien de fois vous m'avez reproché