SCÈNE IL
MONIME, PHŒDIME, ARCAS.
MONIME
En esi-ce fait , Arcas? et le cruel Phaniace...
ÀRCAS.
Ne me demandez rien de tout ce qui se passe , Madame : on m'a chargé d'un plus funeste em|)loi Et ce poison vous dit les volontés du roi.
PHOeiMME.
Malheureuse princesse !
«> MONIME
Ah ! quel comble de joie !
Donnez. Dites , Arcas , au roi qui me renvoie ^ Q ue de tous les présents que m*a (aits sa bonté Je reçois fe plus cher et le plus souhaité. A la fin je respire ; et le ciel me délivre Des secours .importuns qui me forçaient de vivre. Maîtresse de moi-même , il veut bien qu'une lois Je puisse de mon sort disposer à mon choix.
PUŒniME.
Hélas!
^ MONIME
Retiens tes cris , et par d'indignes larmes De cet heureux moment ne trouble point les charmes. Si tu m'aimais , PhoBdime , U fallait me pleurer Quand d'un titre funeste on me vint honorer. Et lorsque, m'arracliant du doux sein de la Gràce, Dans ce climat barbare on traîna ta maîtresse. Retourne maintenant chez ces peuples heureux ; Et « mon nom encor s'est conservé diez eux , Dis-leur ce que tu vois, et de toute ma gloire, Phoedime, conte-leur la malheureuse histoiro. Et toi , qui de ce cœur, dont tu fus adoré , Par un jaloux destin fus toujours séparé , Héros , avec qui même eu terminant ma vie ' Je n'ose en un tombeau demander d'élre unie , Reçois ce sacrifice ; et puisse , en ce moment, Ce poiMon expier le sang de mon amant !
434 mmiUDATE.