ACTE PREMIER
ORESTË, PYLADE.
ORESTE
Oui , puisque je retrouYe on ami si fidèle , Ma fortone Ya prendre une face nouYèlle ; Et déjà son courroux semble s'être adouci Depuis qu'elle a pris soin de nous rejoindre ici. Qui l'eût dit, qu*nn riYage à mes Yœux si funeste Présenterait d'abord Pylade aux yeux d'Oreste; Qu'après plus de six mois que je f aYais perdu , A la cour de Pyrrhus tu me serais rendu !
PYLADE
J'en rends grâces au cid , qui m'arrêtant sans cesse Semblait m'aYoir fermé le chemin de la Grèce, Demiis le jour fatal que la fureur des eaux , Presque aux yeux de l*Épire , écarta nos vaisseaux. Combien dans cet exil ai-je souffert d'alarmes , Combien à vos malheurs ai-je donné de larmes , Craignant toujours pour vous quelque nouveau «langer Que ma triste amitié ne pouvait partager !