‹ Theatre complet de Jean RacineChapitre 188 sur 305 · THÉSÉE, HIPPOLYTE · texte numérisé non relu

THÉSÉE, HIPPOLYTE

Thésée.

Ah ! le voici. Grands dieux I à ce noble maintien, Quel œil ne serait pas trompé comme le mien ? Faut-il que sur le front d'un profond adultère Brille de la vertu le sacré caractère ? Et ne devrait-on pas à des signes certains Reconnaître le cœur des perfides humains ?

HiPPOLYTE.

Puis-je vous demander quel funeste usage, Seigneur, a pu troubler votre auguste visage ? N'osez-vous confier ce secret à ma foi ?

Thésée.

Perfide ! oses-tu bien te montrer devaint moi ? Monstre qu'a trop longtemps épargné le tonnerre, Reste impur des brigands dont j'ai purgé la terre. Après que le transport d'un amour plein d'horreur Jusqu'au lit de ton père a porté sa fureur. Tu m'oses présenter une tête ennemie !

Tu parais dans les lieux pleins de ton infamie, Et ne vas pas chercher, sous un ciel inconnu, Des pays où mon nom ne soit point parvenu I Fuis, traître. Ne viens point braver ici ma haine, Et tenter un courroux que je retiens à peine : C'est bien assez pour moi de l'opprobe éternel

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