‹ Theatre complet de Jean RacineChapitre 289 sur 305 · ISMAEL · texte numérisé non relu

ISMAEL

Quoi ! cet enfant aimable...

JOAD

Est des rois de Juda l'héritier véritable. Dernier des enfants du triste Okosias, Nourri, vous le savez, sous le nom de Joas. De cette fleur si tendre et sitôt moissonnée, Tout Juda, comme vous, plaignant la destinée, Avec ses frères morts le crut enveloppé. Du perfide couteau comme eux il fut frappé. Mais Dieu du coup mortel sut détourner l'atteinte, Conserva dans son cœur la chaleur presque éteinte, Permit que des bourreaux trompant l'œil vigilant, Josabet dans son sein l'emportât tout sanglant. Et, n'ayant de son vol que moi seul pour complice. Dans le temple cachât l'enfant et la nourrice.

Joas.

Hélas I de tant d'amour et de tant de bienfaits, Mon père, quel moyen de m'acquitter jamais ?

JOAD

Gardez pour d'autres temps cette reconnaissance. Voilà donc votre roi, votre unique espérance. J'ai pris soin jusqu'ici de vous le conserver :

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