‹ Theatre complet de Jean RacineChapitre 76 sur 305 · Travail a ici le seas de peine, fatigue · texte numérisé non relu

Travail a ici le seas de peine, fatigue

Du moins, s'il faut céder, si, contre notre usage, Il faut d'un suppliant emprunter le visage, Sans m'envoyer du Parthe embrasser les genoux, Sans vous-même implorer des rois moindres que vous, Ne pourrions-nous pas prendre une plus sûre voie? Jetons-nous dans les bras qu'on nous tend avec joie. Rome, en votre faveur facile à s'apaiser...

XlPHARÈS.

Rome, mon frère I ô Ciel ! Qu'osez-vous proposer ? Voulez-vous que le roi s'abaisse et s'humilie ? Qu'il démente en un jour tout le cours de sa vie ? Qu'il se fie aux Romains, et subisse des lois Dont il a quarante ans défendu tous les rois? Continuez, Seigneur. Tout vaincu que vous êtes, La guerre, les périls, sont vos seules retraites. Rome poursuit en vous un ennemi fatal, Plus conjuré contre elle et plus craint qu'Annibal. Tout couvert de son sang, quoi que vous puissiez faire, N'en attendez jamais qu'une paix sanguinaire. Telle qu'en un seul jour un ordre de vos mains La donna dans l'Asie à cent mille Romains.

Toutefois épargnez votre tête sacrée.

Vous-même n'allez point de contrée en contrée Montrer aux nations Mithridate détruit.

Et de votre grand nom diminuer le bruit *. Votre vengeance est juste ; il la faut entreprendre. Brûlez le Capitole et mettez Rome en cendre. Mais c'est assez pour vous d'en ouvrir les chemins, Faites porter ce feu par de plus jeunes mains. Et, tandis que l'Asie occupera Pharnace, De cette autre entreprise honorez mon audace. Commandez. Laissez-nous, de votre nom suivis, Justifier partout que nous sommes vos fils. Embrasez par nos mains le couchant et l'aurore. Remplissez l'univers, sans sortir du Bosphore. Que les Romains, pressés de l'un à l'autre bout. Doutent où vous serez, et vous trouvent partout. Dès ce même moment ordonnez que je parte.

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