‹ Théátre complet de M. de Voltaire. 9Chapitre 173 sur 192 · PORCIA · texte numérisé non relu

PORCIA

Brutus/ Milord î

(Z) On traduit exaétement.

Pourquoi paraître fi matin?

Que voulez-vous ? fongez que rien n’eft plus mal-

fa in , Pour une fanté faible ainsi que vous l’avez , D'affronter , le matin, la crudité de l’air.

Si l’air ef fi mal-fain , il doit l’être pour vous. Ah, Brutus! ah , pourquoi vous dérober du lit? Hier quand nous fou pions , vous quittâtes la table, Et vous vous promeniez, penfif & foupirant; Je vous dis : Qti avivons ? mais, en croifant les

mains, Vous fixâtes fur moi des yeux fombres & triftes. J'infiftai , je prefai , mais ce fut vainement. Vous frappâtes du pied en vous grattant la tête. Je redoublai d'inftance ; & vous, fans dire un mot. D’un revers de la main , figne d’impatience.

Vous fites-retirer votre femme interdite.

Je craignis de choquer les ennuis d’un époux, Et je pris ce moment pour un moment d’humeur,' Que fouvent les maris font - fentir à leurs fem-

mes. (m) Non, je ne puis, Brutus, ni vous laiffer parler. Ni vous laiffer manger , ni vous laiffer dormir , Sans favoir le fujet qui tourmente votre âme.

(m) C'eft encore un des endroits qu’on admire, & qui font marqués avec des guillemets.

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